mardi 21 avril 2009

De la loi Evin et du caviardage associé

Allez hop, on efface la pipe de mon oncle sur l'affiche de la retrospective consacrée à Jacque Tati qui a lieu à la cinémathèque jusqu'au 2 Aout.
Allez, re-hop, on censure les affiches de "Coco avant Chanel", parce que Gabrielle Chanel (ie. Audrey Tautou) tiens une cigarette qui se consumme, en femme modrenet indépendant de sont temps.

Re-re-hop, on constate que des ré-éditions d'ouvrages de Malraux ou de Sartre présentent en quatrième de couverture des photos des auteurs qui ne fument plus. Par magie sans doute. ou bien ont-ils eu recours, a posteriori, à des patches anti-nicotine qui sait ?
hum ....

Pas de magie chers amis, si ce n'est que la loi Evin revisite à la palette photoshop des photographie historiques. Moi, ça me dérange très légèrement cher lecteur. Très légèrement.
Bien entendu, pour lutter contre le tabagisme, les croisés anti-tabac vous expliqueront qu'il faut frapper fort : ce qu'ils ne manquent pas de faire quitte à réécrire l'histoire.

Pourquoi pas, dans ce cas, tourner de nouvelles versions des films de Clara Morgane en gommant les pipes ? Pourquoi pas ... triste me direz-vous ... Mais la croisade anti-tabac vaut sans doute ces lourds sacrifices ...

lundi 20 avril 2009

De la miséricordieuse Ségolène Royal, la madonne du pardon.


La première fois, j'avoue avoir été bluffé. Sacré animal politique la Ségo. Aucune limite, m'étais-je dit. Après avoir ré-inventé le concept de meeting politique avec son Zénith, elle frappait encore plus fort en présentant "An nom de la France" ses excuses à l'homme africain.

Pas de légitimité au yeux de certains ? Peu importe, elle se crée son propre espace de parole, reconvertit ses 17 millions de voix du second tour de la présidentiel et rue dans les brancards. Une véritable Zelda dans l'arène politique.

Mais la deuxième fois, si peu de temps s'étant écoulé après les premières excuses, c'est trop. Tout d'abord parce que les propos prêtés au chef de l'état ont été semble-t-il totalement déformés : le chef de l'état, de l'aveu même de certains des participants (dont un député communiste qu'on n'accusera pas de complaisance), faisait preuve d'une ironie à haute dose lors de cette réunion. Bien malhabiles sont les tartuffes se faisant l'écho d'un autre interprétation des propos présidentiels ...

Ensuite parce qu'ils n'ont pas été tenus pour être tenus publiques. Et c'est tout de même aussi, un élément majeur.

Et enfin, parce que là, Ségolène épuise des munitions sur une cible sur laquelle elle vient déjà de tirer, et avec succès. Il y avait à peine 10 jours. Dommage.

Et l'union qu'elle avait su créer autour d'elle à l'occasion de son voyage africain de se disloquer en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.

De toute évidence, la route vers 2012 s'annonce d'une grande violence.

jeudi 16 avril 2009

De "Salle des fêtes", le nouveau spectacle de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff à Chaillot


Hier, c'était jour de fête à Chaillot comme dirait jacques Tati : Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff présentaient en effet leur nouveau spectacle "Salle de fêtes" à Paris.


Le tandem est un habitué du trocadéro, où les murs de la salle Jean Vilar résonnent encore d’éclats de rires et d’émotions partagées. "C’est magnifique", "Les Étourdis", "La Méchante Vie, et les soirées Jacques Tati ayant fait le bonheur des afficionados des papas des Deschiens.


Et pour ce nouveau spectacle, on retrouve les ingrédiens qui font qu'on aime l'univers unique de cette troupe. Un brin de nostalgie, beaucoup d'absurde, beaucoup d'humanité, une mise en scène virtuose, un cocktail de théatre, de chants, de danse. Et une galerie exceptionnelle de comédiennes et de comédiens qui donnent vie à cette salle des fêtes où les numéros les plus grotesques se succèdent les uns aux autres.

Il faut y aller. C'est intelligent, c'est très beau visuellement, c'est très beau humainement, mais surtout ...c'est très très drôle.


Jusqu'au 16 mai.

mercredi 15 avril 2009

De la popularité de Jacques Chirac


Quelle surprise ce matin à la lecture du dernier sondage publié sur la popularité des hommes politiques !

Isaac pensait être l'un des deux derniers chiraquien encore en activité : Dominique de Villepin étant le second, Isaac se sentait donc bien seul (étant donné le temps passé par le premier dans les bureaux de nombreux juges d'instruction). Soit.

Que nenni ... 74 % des Français ont une opinion favorable du président Chirac, ce qui fait de lui la personnalité préférée des Français. Rien de moins !

Justice lui est rendue cher lecteur. Nous n'avons pas attendu pour soutenir le président dans ces colonnes : ici et .

Pour la France, merci Monsieur le président.

mardi 14 avril 2009

De l'exposition Lippi au Sénat

Le sénat propose jusqu'au mois d'Aout une exposition consacrée à la Renaisance à Prato, ville italienne assez proche de Florence.
L'exposition s'intitule "Filippo et Filippino Lippi, la renaissance ialienne à Prato" : elle propose une présentation de l'art pratiqué à Prato du 14eme et au début du 16eme siècle à travers une soixantaine d'oeuvres dont un grand nombre n'avaient jamais étaient exposées en France auparavant.

Sans aucun doute, une belle exposition. Intelligente, aux oeuvres bien choisies (dont certaines magnifiques, voir la sélection plus bas), mais qui comme toujours souffre de la surpopulation qui semble être la croix que chacun doit porter dans ce genre d'évènement.

J'ouvre donc une parenthèse pour supplier les organisateurs de privilégier la qualité à la quantité en limitant par exemple le nombre de visiteurs présents simultanément à l'intérieur de l'exposition : Le Louvre le fait très bien dans certaines expositions temporaires.

C'est très important. Imaginez qu'au cinéma, vos voisins discutent très fort, ou bien se lèvent, passent devant l'écran, téléphonent durant une séance : chacun peut comprendre qu'il nous faut trouver une solution à la rançon du succès des expositions de cette nature (et encore, il s'agit ici de renaissance italienne : je n'ose même pas imaginer le cauchemard de l'exposition Wharol au Grand Palais).

Sélection d'oeuvres présentées :
Filippo Lippi



Filippino Lippi


Sandro Botticelli

Donatello

vendredi 10 avril 2009

De la démocratie française ou les fourberies des députés socialistes, courte note


La scène se passe hier à l'assemblée à l'assemblée nationale. La mise en scène semble inspirée de Molière ou peut-être même d'une pièce boulevard. Quelques minutes avant le passage du vote de la loi Hadopi sur l'Internet, l'UMP comptait dans l'hémicycle quelques députés présents de plus que ceux du groupe socialiste (16 contre 8).

Pas d'alerte donc. Mais c'était sans compter sur le réjouissant stratagème des socialistes dont certains (13) députés se tenaient semble-t-il cachés derrière un lourd rideau rouge (!). Et qui sont entrés dans l'hémicycle quelques secondes avant le vote. Pris de cours, le responsable du groupe UMP n'a pas eu le temps de sonner le rappel. Et la loi ne fut pas adoptée !

jeudi 9 avril 2009

Du papier d'Arménie

Une petite note sans prétention pour faire la lumière sur une merveille de parfum d'intérieur, le papier d'Arménie.
A faire bruler dans son appartement, ou comme je peux le faire, à laisser dans une poche intérieur de costume. Un miracle.

"L'histoire du Papier d'Arménie débute à la fin du XIXe siècle. Auguste Ponsot, en voyage dans l'Empire Ottoman, se rend en Arménie, appartenant alors au gigantesque empire. Il découvre que les habitants parfument et désinfectent leurs maisons en faisant brûler du Benjoin. De retour en France, il décide d'importer cette pratique traditionnelle et écologique.
Son associé, le pharmacien Henri Rivier, découvre qu'en faisant dissoudre le Benjoin dans de l'alcool à 90°, on obtient une odeur persistante. L'ajout de parfums donne un mélange aromatique agréable et tenace ; reste alors à trouver un support : le papier buvard absorbe le mélange, tout en conservant l'odeur originelle du Benjoin, et brûle lentement sans faire de flamme.
Après de nombreuses tentatives, le produit recherché est enfin au point. Le Papier d'Arménie est couronné de succès, notamment à l'Exposition d'hygiène de 1888, ainsi qu'à l'Exposition universelle de 1889. "

Recommandé par Isaac ;)

mercredi 8 avril 2009

De la grace

Kyrie

Kyrie eleison,
Christe eleison.

Gloria

Gloria Gloria in excelsis Deo,
Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te.
Benedicimus te.
Adoramus te.
Glorificamus te.
Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, Rex caelestis, Deus Pater omnipotens.
Domine Fili unigenite, Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus,
Tu solus Altissimus, Jesu Christe.
Cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris.
Amen.



Credo

Credo in unum Deum,
Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae,
Visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum,
Et ex Patre natum ante omnia saecula.
Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero.
Genitum, non factum, consubstantialem Patri
Per quem omnia facta sunt.
Qui propter nos homines, et propter nostram salutem
Descendit de caelis.

Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine
Et homo factus est.
Crucifixus etiam pro nobis
Sub Pontio Pilato passus, et sepultus est.
Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas.
Et ascendit in caelum, sedet ad dexteram Patris.
Et iterum venturus est cum gloria, Judicare vivos et mortuos
cujus regni non erit finis.
Et in spiritum Sanctum, Dominum et vivificanctem
Qui ex Patre Filioque procedit.
Qui cum Patre et Filio simul adoratur, et conglorificatur
Qui locutus est per Prophetas.Et unam sanctam catholicam et apostolicam Ecclesiam.Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum.Et expecto resurrectionem mortuorum.Et vitam venturi saeculi.Amen.



Sanctus

Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt caeli et terra gloria tua.
Hosanna in excelsis!



Benedictus

Benedictus qui venit in nomini Domini.
Hosanna in excelsis!

Agnus Dei

Agnus Dei,
qui tollis peccata mundi,
Miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi
Miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi
Dona nobis pacem.

lundi 6 avril 2009

Du bien être

"Tout est pareil, Tout est égal"

C'était son discours au réveil en général

J'ai mis du temps et avant-hier

J'ai trouvé l'argument qui l'a calmée, sévère

Un tacle de Patrick Vieira n'est pas une truite en chocolat

Une tente Quechua sur le canal un quatre étoiles

Un dirigeant d' la LCR n'est pas un mono d' sports d'hiver

Cette photo de toi à Berlin

Bah ! C'est pas rien

À gauche, à droite c'est blanc bonnet

C'était son discours ligne quatre après Châtelet

J'ai mis du temps et à Denfert

J'ai trouvé l'argument qui fait pleurer sa mère

Un bras d'honneur de Wayne Rooney

N'est pas une peluche de Mickey

Happy mondays au Bataclan un thé dansant

Un témoignage de l'abbé Pierre n'est pas une soirée infirmière

Cette photo de toi à Berlin

Bah ! C'est pas rien

NB : Texte de Vincent DELERM tiré de son dernier Album "15 chansons"

mardi 31 mars 2009

Du lynchage des patrons


En ces temps de crise, les médias, les politiques et la France dans son ensemble a trouvé depuis quelques semaines un formidable exutoire. Il faut cracher publiquement sur les patrons des grands groupes.

Je ne m'étonnerais pas de voir se dresser très bientôt des tribunals d'exception en plein air.

Prenons par exemple la place de la Concorde : installons des tréteaux, une tribune, des gradins et livrons à l'appréciation de la foule le soin de juger ces grands patrons voyous. Non, vraiment, ce serait super. Et en plus, ça réduirait considérablement la pollution du coeur de Paris. Et rétablisson la peine de mort par la même occasion : visuellement il se passera quelques chose.

Ce qui est vraiment formidable, c'est que parmi les patrons, une catégorie jouit d'une aura partuclière. Une caste qu'il est interdit de critiquer, qu'on vénère même tandis que tous les autres ne sont que des vauriens. Cette caste, ce sont les entrepreneurs. Les autes, ce sont .... tous les autres !

Pour résumer, il n'y ces jours-ci aucun mérite à Piloter une entreprise comme Total ou Axa. Non, c'est facile. Ces PDG n'apportent aucune valeur ajoutée à l'entreprise qu'il pilote. Alors que les entretpreneurs, eux ....Ils sont tellement courageux et valeureux et beaux ?

Cette vision totalement manichéenne est stupide. Il faut appeler les choses par leur nom. De même que le lynchage générale actuelle n'a aucun sens. Qu'il faille porter sur la place publique la question de la gouvernance et des rémunérations : pourquoi pas. Mais aujourd'hui, avec le contexte particulier que nous connaissons, c'est se garantir de raisonner sous l'influence de l'émotion, ce qui ne donne rien de bon en général.

lundi 30 mars 2009

De Benoit XVI


Ne comptez pas sur moi pour rejoindre les rangs des criards qui s'effarouchent aux propos tenus par le très Saint Père la semaine dernière.

Pour plusieurs raisons. Par élégance d'abord : inutile d'ajouter du bruit au vacarme sur une affaire de cette nature.

Par colère ensuite. Je rappelle à ces associations, politiques, people et autres tartuffes dont l'époque est riche que Benoit XVI a consacré son existence entière aux autres, à la grace de Dieu, au Pardon et à la charité. Il ne se contente pas de passer deux heures sur scène par an au concert des Restos du coeur comme certains de ces donneurs de leçon.

Par pragmatisme enfin. Je ne crois pas que les positions de l'église en la matière aient un impact sur le comportement des populations concernées : croyez-vous que les jeunes gays s'en remettent aux positions du Pape ? Non. Que les ados français s'en remettent au vatican pour la question du préservatif ? Non. Quant aux populations africaines, elles n'ont pas l'ignorance que les occidentaux entretiennent ; et les relais de prévention existent.

Je reconnais en revanche que ce Pape a un très sérieux problème de communication. Il est reconnu comme étant un grand intellectuel, un homme de réflexion. Mais de toute évidence, il lui manque la maitrise du discours et des moyens de communication au XXIe siècle.

lundi 23 mars 2009

De Londres, Titien, Van Eyck et Daniel Arasse

Ce week-end, je suis allé à Londres. Pour jouir de certains des merveilleux musées que compte la capitale britannique : l'un déjà connu et adoré, la National Gallery, l'autre plus méconnu, la Tate Britain.
Et parmi les longues contemplations que je me suis accordées, j'ai eu la grace d'être témoin de rencontres très singulières avec deux toiles.

Daniel Arasse, célèbre (et défunt) normalien et historien de l'art parle dans certains de ses écrits de "La peinture qui se lève". Il décrit notamment avec un talent que je suis bien loin d'avoir cette merveilleuse aventure à propos d'une toile de Raphaël dans "Histoires de Peintures".
Et bien, ce week-end donc deux peintures se sont levées devant moi. Et ce fut magnifique. Un Titien et un Van Eyck.
Portrait d'Homme de Titien
Même si ces toiles je les connaissais déjà, je les aimais déjà, jamais elles ne m'étaient apparues sous ce jour. Je serais bien en peine de mettre des mots sur cette sensation, mais croyez moi sur parole, la peinture s'est levée, et c'est comme si la toile sortait de son cadre pour s'adresser à moi. (non, je n'avais pas abusé de substances illicites ...). Oui, je fais par ailleurs parti de ceux qui peuvent pleureur devant une oeuvre. Ca m'est notament arrivé il y a quelques mois devant une retrospective Bacon.

L'Homme au turban rouge de Van Eyck

Cette fois-ci, ce fut vraiment autre chose. Une autre émotion. La toile s'est levée ...

PS : je ne fus pas loin de penser qu'une autre rencontre du troisième type fut possible avec Pieter de Hooch. Un contemporain de Vermeer, peut-être moins célèbre mais au travail absolument magnifique. Ce sera peut-être lors de notre prochaine entrevue, Pieter et moi. Ou pas. C'est bien là la grâce de cette rencontre.


Une femme buvant avec deux hommes de Pieter de Hooch

jeudi 19 mars 2009

Du vernissage de ArtParis 09


Vernissage hier soir sous la verrière du grand palais pour la 11eme édition d'ArtParis.

Première remarque : le public présent était plus que jamais composé de "Beautiful People" et de Happy Few très "soignés".

C'est toujours à peu près le cas lors de ce genre d'évènements (FIAC, Art Basel ou vernissages chez des galleristes prestigieux) mais curieusement, j'ai trouvé cette représentation particulièrement appuyée hier soir.

Parlons Art. Rien de très neuf sous le soleil. Peut-être n'ai-je pas été très vigilant. J'ai beaucoup aimé Jean-Michel Fauquet exposé par une galerie New Yorkaise qui expose également Pierrette Bloch, la galerie Haim Chain. Par ailleurs, je vous recommande de voir les deux toiles de Anne-Laure Sacriste chez Olivier Robert dont je vous invite à découvrir la monographie publiée chez Ides et Calendes, premier ouvrage d'une collection consacrée aux jeunes artistes contemporains.

Bonne visite à vous.

mardi 17 mars 2009

Des individus en temps de crise, courte note


En temps de crise, il est très intéressant d'observer le comportement des individus qui vous entourent dans le milieu professionnel.

Ces périodes difficiles sont tout à fait révélatrices des personnalités profondes de chacun. Sans doute comme pourrait l'être une période de guerre.

C'est comme si nous vivions sous l'occupation, et que tombent les masques. Courage, renoncement, cruauté, lacheté, dénonciation, fuite devant ses responsabilités ... Vous choisissez ou subissez votre nature!

Toute la palette humaine explose sous nos yeux. Fascinant.

Et très rafraissant ;)




Note dédicacée à BH

mardi 10 mars 2009

De Klara Kristalova, des céramistes dans l'art contemporain


La question de l'apport de l'art contemporain, quelque soient les formes qu'il prenne est un sujet que j'aborde très souvent ici, ou à l'occasion de discussions entre amis, discussions souvent passionnées.

Klara Kristalova apporte quelque chose à celui qui regarde son travail. Il est définitivement innovant, mais ne tombe bien évidemment pas dans la provocation (ce qui ne serait pas innovant , puisque tellement usé). Elle est céramiste. Ce qui est en soi une fraicheur. Car, même si les spécialistes pourront me contredire (grand bien leur en prenne), l'art de la céramique n'est sans doute pas le plus familier à nos rétines, à nos sens.
Je vous recommande très vivement de vous intéresser à ses productions. A la fois mystérieuses mais figuratives, elles semblent aussi raconter un épisode romanesque, illustrer des chapitres d'une nouvelle qu'on imagine délicieusement fantastique. Subtilement irréelle.
C'est vraiment remarquable.

Vous la retrouverez notemment parmi les artistes exposés à la fondation Salomon, à l'occasion de l'exposition Sortilège, qui se déroule du 14 Mars au 14 juin.

lundi 9 mars 2009

De François Pérol, courte note


La nomination de François Pérol a suscité une forte polémique.

En résumé, à gauche et au centre : une loi exige un délai de 3 ans avant qu'un fonctionnaire ou un missionné du gouvernement ne puisse rejoindre comme salarié une entreprise sur laquelle il aurait eu à travailler dans ses fonctions au service de l'état. Normal au regard des nombreux excès passés. La gauche et le centre dénoncent ainsi de concert cette nomination. Je suis d'accord.

A droite : François Pérol est un banquier respecté, de grand talent et qui en plus connait très bien le dossier Caisse d'Epargne / Banque Populaire puisqu'il y a travaillé comme conseillé à L'Elysée (c'est bien le problème soulevé par les premiers). Donc, c'est le candidat idoine pour prendre la tête du nouvel ensemble bancaire ; il faut être pragmatique. D'accord .... et pas d'accord. Oui, sans doute, ce messieur est compétent pour le poste. Maintenant, personne ne nous fera croire qu'il est le seul à la surface de la planète à pouvoir diriger cette banque.

Par conséquent, je "vote" contre cette nomination.

samedi 7 mars 2009

De David LaChapelle


La monnaie de Paris propose une restrospective consacrée à l'ex-photographe star de star David LaChapelle. Un David LaChapelle qui depuis quelques années a investi le terrain de l'art contemporain. Ou plutôt pense l'avoir fait. Il se dupe lui-même. Il dupe aussi ses galeristes, ses acheteurs et les curateurs de cette exposition. J'oubliais la triste farandole d'un public modeux qui est totalement dupé, à l'unisson.
Bref, moi même, j'ai d'abord été dupé, je dois le reconnaitre. Lors de foires d'art contemporain récentes, j'avais pu rapporter avoir été séduit, très sincèrement, par ses travaux récents. Les mises en scènes monumentales d'un monde apocalyptique m'avaient plu, non pas pour le sens qu'elles portent, mais bien pour le travail de composition et surtout d'expressivité des personnages.
Mais rassemblées en un même lieu, les photographies ne tiennent pas.
Première surprise, la très mauvaise qualité des tirages et de l'encadrement !
Deuxième surprise, la présentation de "frise" en trois dimensions, en carton. Là aussi, la qualité du travail de tirage, des cartons, est en décalage totale avec les sujets présentés. C'est cheap. ça fait un peu découpage d'écolier, mais en très grand format.
Passé cet agacement sur la faiblesse de l'artisanat, qui est une partie non négligeable de l'art, passons au fond même des oeuvres.
Car le problème majeur porte sur le sens de "l'oeuvre". Hyper basique. Une définition du premier degré.
1. Le Hamburger écrase l'être humain = société de consommation qui écrase la personne humaine (waou, il est fort ce LaChapelle)
2. La guerre de religion = pas bien, la religion, c'est l'amour entre les hommes (putain, j'y avais jamais pensé, merci Dave)
3. Les portraits de différents people = les apparences ne font pas tout (puissant !)

Bon, cette exposition, vous pouvez absolument l'éviter, et pourtant, j'y suis allé avec beaucoup de plaisir. Mais pour le coup, c'est en ressortant que j'étais le plus content : c'était fini.

Pour ne pas rester sur cette litanie de critiques, je vous recommande d'aller voir l'exposition Gregory Crewdson, un photographe américain, à la galerie Daniel Templon. Magnifique.

dimanche 1 mars 2009

De la crise et de son traitement


Parlons avec franchise. La crise est d'origine financière. Elle a totalement désordonné nos grandes banques qui depuis plus de 6 mois n'en finissent pas d'exhumer des créances douteuses.

Les premiers touchés ont été aux Etats-Unis les pauvres gens qui avaient été bernés par un système qui permettaient même aux plus modestes de devenir propriétaires. Eux ont été depuis expulsés de leur domicile et se retrouve dans les difficultés les plus grandes. En France, nous n'avons pas connu cette conséquence de la crise.
En même temps que cette population humble, ce furent les salariés du secteur financier qui furent bien évidemment frappés par la crise. Faillites, licenciements ... En France, nous avons sans doute été beaucoup moins touché qu'aux US ou qu'à Londres, même si certains traders ont du être remerciés.
En revanche, En France, les sociétés de conseil qui travaillent avec le secteur financier ont elles été bien plus impactées. Et nombre de projets ont été remis à plus tard.
Les troisièmes à avoir été touchés de plein fouet furent les actionnaires. Sans doute, ils sont aujourd'hui les victimes les importantes de cette crise puisque leurs investissements ont été divisés par deux, trois ou plus. Il s'agit de personnes de tous horizons, de riches investisseurs, mais aussi des salariés, des retraités, bref tout le monde a pu être touché.

En automne, le second étége de la fusée Crise a été constaté. La fluidité de l'argent ayant été rendu difficile, les investissements des entreprises a été rendue beaucoup plus compliquée. A cel, s'est ajouté un climat de crainte générale.
Conséquences directes : les programmes d'investissements ont été rendus impossibles, revus très significativement à la baisse , ou ajournés. Les sociétés qui comptaient sur ces contrats se retrouvant alors dans des situations critiques.
D'où les premiers licenciement et le ralentissement des recrutements (en témoigne ma propre société) et vous avez donc un trou d'air dans la consommation avec pour secteur touché en priorité l'automibile.
Et le ralentissement de l'économie est comme chacun le sait un phénomène de cercle tantôt vertueux tantôt vicieux. Qui s'alimente aujourd'hui des mauvaises nouvelles que nous avons chaque jour. 90 000 nouveaux demandeurs d'emploi en janvier par exemple.
Et les victimes de ce deuxième de la fusée sont donc les salariés qui viennent de perdre leur emploi, et les sociétés qui voient leurs capacités d'investissement totalement diminuées.

Je comprend donc certaines des mesures prises en Europe. Le soutien au secteur financier doit être sans faiblesse. Les mesures d'indemnisation du travail partiel sont indispensables. Tout ce qui peut permettre de soutenir l'emploi et l'investissement doit être fait. Sans compter les efforts. Et pourquoi pas des exonérations massives (totales ?) de charges pour les recrutements fait en 2009 pendant 2 ans par exemple. Bref, il est temps de soutenir l'emploi et avec une intensité sans faille.
En revanche, je ne comprends pas les demandes portant sur le pouvoir d'achat des salariés. En effet, l'inflation ne pose pas fondamentalement plus de problème aujourd'hui qu'il y a deux ans. Ce n'est pas vrai. Et les salariés, ou les titulaires d'aides sociales n'ont pas été victimes de baisse de leur traitement, puisque ce n'est tout simplement pas possible. Alors, les mesures annoncées par Sarkozy sur la suppression des tranches d'impots je ne les trouve pas adaptées au contexte. Alors, les demandes de la gauche d'augementer les salaires, ou le SMIC ou les indemnités sociales, je ne les comprends pas. Elles ne sont pas justes. Et c'est le pire moment pour les mettre en oeuvre si on devait le faire, eu regard des difficultés des entreprises ; et je peux en témoigner.

vendredi 27 février 2009

De Yan Pei Ming au Louvre


A la suite des confrontations entre artistes contemporains et maîtres anciens, le Louvre accueille Yan Pei-Ming. L’artiste franco-chinois présente 5 peintures monumentales au coeur des salles des grands formats français XIXe siècle et de la Renaissance italienne.

Une Monna Lisa ambiance Yan Pei Ming et en très grand format ; 2 toiles qui complète le paysage derrière elle, paysage jonché de crânes humain. Et l'un en face de l'autre, un autoportrait de l'artiste à la margue et de son défunt père.

La demande du Louvre portant sur la mise en place d'un dialogue avec l'art contemporain, Yan Pei Ming a opté pour un dialogue avec sa pièce la plus emblématique, Monna Lisa. Et celui-ci estime que seules ses funérailles lui permettaient d'aborder ce mythe de la peinture.
L'installation est immense, elle flatte l'oeil sans doute avec le bénéfice d'un cadre somptueux, d'un éclairage très réussi, d'une manière "la maniera" (celle de Yan Pei Ming) qui plaît assez.
Néanmoins, je dirais que l'affaire est manquée et ce à deux titres. Le premier c'est que Mona Lisa elle-même est râtée. E ça, mon bon lecteur, ça condamne totalement la démarche. Le deuxième porte sur le sens et son incarnation. Les funérailles de Mona Lisa, ça sonne assez élève de première année des beaux-arts. Ajouter des crânes pour appuyer le message, ça sonne assez élève de première année des beaux-arts.
Mais en réfléchissant bien, ça ne casse pas trois pattes à canards cher lecteur. On est même très loin du compte. Alors, lire sur le site Rue 89 que Ming donne un coup de vieux à La Joconde, ça laisse totalement rêveur.

dimanche 22 février 2009

Des César, des ch'tis et de Benjamin


Dany Boon étale à travers les médias son immense peine et sa colère face aux choix qui ont été faits par l'académie des César. Les ch'tis ont été snobés et une seule nomination concerne le plus gros succès de l'histoire du cinéma français, celui du scénario original ... Quel scandale !
Quel scandale que les états d'âme de Boon. Pour qui il se prend le garçon ? Bergman ? Kubrick ? (jamais eu d'Oscar ces deux là remarquez).
Oui, son film a connu un grand succès populaire ce qui ne justifie pas pour autant qu'il soit célébré pour ses qualités cinématographiques. Il va falloir que notre ami Dany retrouve son sang froid et une humilité qui lui sierait davantage qu'une posture de boudeur public. Le clivage entre succès public et succès critique ne date pas d'hier et on n'en sortira pas ; et c'est tant mieux. Il en va de la diversité de la création qui répond à la diversité des attentes du public.
Je ne suis pas favorable à la création d'un César du public pas plus que de l'ajout d'une catégorie "Comédie". Pourquoi pas une catégorie "Mauvais Film" ou bien "Production vulgaire dont le scénario est fait de grosses ficelles" ?
Je profite de cet article sur le 7eme art pour vous recommander le dernier film de David Fincher (Zodiac et Seven entre autre), "L'étrange histoire de Benjamin Button". Film littéraire magnifique qui réussit à toucher au but sur des thèmes intemporels comme le temps qui passe, la force de l'amour, l'humanité.

samedi 21 février 2009

Des souliers


Deuxième article consacré au masculin.
Pour éviter d'avoir un look de petit garçon voulant se donner un air de grande personne. Pour éviter d'être totalement à coté de ses pompes avec des chaussures de styliste (pseudo) ambiance dandy (pseudo).
On arrête tout. On va chez Church's, Crocket & Jones ou pour ceux prêt à investir davantage chez Lobb.
On oublie l'ambiance italienne pour privilégier les formes ultra-classiques anglaises. N'oublie pas intrépide lecteur que Caruso, Sinatra, Dean Martin, Onassis (le type a emballé Jacky O. jeune intrépide), ou bien encore le Roi Edouard VII portaient des Lobb. Pas des pseudo chaussures de chez Paul Smith ou Kenzo ou que sais-je encore.
Ici, on parle tradition masculine de plus de 2 siècles, on parle artisanat.
Avec un jean ou un croisé de Saville Row.

mardi 17 février 2009

Des impressions madrilènes

Titien

Fra Angelico ? (pas si sur ...)

Le Greco

Della Francesca
Max Beckman

Picasso !


Titien encore


Rothko


Ribera


Titien toujours

Roger Van Der Weyden


Velasquez

Quelques instantanés de mon séjour madrilène

dimanche 8 février 2009

De Nicolas Sarkozy


Sarko-Show ... Isaac n'avait jamais souscrit à cette formule un peu facile. Et pourtant aujourd'hui, précisément depuis Jeudi, rien n'est moins sur.
Le président est toujours aussi à l'aise dans l'exercice de la joute verbale, de l'interview. Mais, le temps a passé et on voit très vite les trucs employés, et derrière les trucs ... et bien pas grand chose.
Un commentateur dont je ne partage pas toujours les avis, Nicolas Domenach de Marianne commente fort justement la perte d'efficacité de la parole présidentielle de Sarkozy. A trop parler, le président en devient inaudible ; à trop promettre, il ne peut que décevoir ; à être partout, il n'est plus nul part. Je me range à regret à cet avis. Gandrange, ou la promesse de trop.
Revenons à Jeudi. Sarkozy nous explique depuis sa campagne les bienfaits de l'investissment versus l'augmentation des frais de fonctionnement de l'état et défend le maintien de sa polititque de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ok, ça on a compris ; Tous mes clients privilégient les dépenses de CAPEX à celle d'OPEX. On est d'accord, mais cela fait déjà plus de deux ans.
Le président nous explique qu'en matière de régulation de la finance internationale (FMI, Paradis Fiscaux ...) sa marge de maneuvre est nulle et qu'il veut des résultats. Hummm .... Lesquels ? Avec quelles mesures ? Pas un mot concret sur le sujet, rien, sinon que des portes ouvertes enfoncées ... .On s'en moque totalement de la virtuosité avec lesquelles Sarkozy les enfonce, surtout face à 3 journalistes totalement absent(e)s dont une ex-maitresse ce qui est assez savoureux.
Quant à son opinion sur l'économie, on peut s'y intéresser mais malheureusement la manière dont les dividendes des entreprises sont utilisés (son 1/3 pour l'actionnaire, 1/3 pour les salariés, 1/3 pour l'investissement) ne reléve pas des prérogatives présidentielles. Donc, on peut passer au sujet suivant très vite.
Mais je n'est rien retenu d'autre. Hormis deux petites piques à l'endroit du président Chirac. C'est moche et mesquin.
On a donc envie de conclure avec cette formule scolaire "Peut mieux faire"

lundi 2 février 2009

De l'interprétation solistique de la messe en Si de Bach


Il n'y a aucun doute pour moi. S'il devait se poser la question du plus grand chef d'oeuvre de la musique, je répondrais immédiatement par la grand Messe en Si de JS Bach. Cette oeuvre immense est une réponse définitive à chacun se posant des questions sur l'absolu et le divin.

Bach éclaire tout sur son passage. Avec force parfois, avec une sensibilité qui rend l'auditeur incroyablement humain et peut-être même plus que cela.

Je pourrais sans doute la ré-écouter encore et encore et rester sans voix, comme pétrifié par cette musique. D'ailleurs, je la ré-écoute encore et encore, et comme une vielle maitresse, elle ne me lasse aucunement et sa connaissance semble être repoussée à chaque fois.


Et j'ai eu une nouvelle surprise très dernièrement à l'occasion d'un concert mémorable au théatre des Champs-Elysées. La bonne fortune avait voulu m'accorder la présence d'une délicieuse voisine ce qui était déjà une excellente entrée en matière mais mon propos du jour n'est pas là. Dès les premières mesures du Kyrie j'ai su que j'avais affaire à une interprétation très différente de tout ce que je connaissais de cet ouvrage. Konrad Junghänel à la baguette du Cantus Köln, un ensemble allemand.

En effet, le choeur était réduit à 9 solistes. Et la Messe fut transformée. Cette interprétation qu'on qualifie de "solistique" a mis en lumière sous un nouvel angle la messe bien aimée.

Je partage donc avec vous mon immense enthousiasme quant à la réussite de cette interprétation mais aussi mon intérêt pour cet ensemble qui donne un nouveau sens à l'interprétation. Non pas uniquement au sens de l'exécution, aussi sublime qu'elle peut être, mais également dans sa dimension de création.

Je sais que ce sujet fait débat. Certes. Mais mon avis est tout fait. Vous pourrez retrouver le Cantus Köln chez Harmonia Mundi.


Je reprendrai donc à mon compte ce commentaire que Harmonia Mundi associe à ce disque :

"L'adoption dans la Messe en si mineur de la formation solistique associée au nom de Cantus Cölln ne relève pas du dogmatisme, mais d'une réelle alternative d'interprétation. Elle permet d'exposer avec une grande clarté l'écriture polyphonique de Bach, souvent d'une extrême complexité contrapuntique. Ainsi deviennent audibles des liens qui sont en général noyés dans l'ivresse sonore ambiante. Dans des mouvements comme l'Et incarnatus ou le Crucifixus, l'affirmation personnelle des émotions devient bien plus individualisée et prégnante. De surcroît, cette transformation des conditions d'interprétation fait naître de nouveaux équilibres et couleurs sonores, aussi surprenants qu'inhabituels. "

dimanche 1 février 2009

Des macarons de la maison du chocolat


Quelle est la maison référente pour les macarons ? Voilà une question souvent discutée avec passion par les aficionados de la ronde pâtisserie ...
L'alternative se limite très souvent à Ladurée et à Pierre Hermé. Et c'est hautement mérité. Mais j'ajouterais depuis une dégustation faite ce week-end la maison du chocolat comme très sérieux outsider au titre de champion. Et je vous recommande de vous forger votre conviction avec le macaron cassis-chocolat : accord magnifique des saveurs, ce à quoi s'ajoute une maitrise parfaite du jeu des consistances, ce qui fait aussi la réussite d'un macaron. Le mariage de la crème parfumée et du croquant subtile qui de grâce ne s'émiette pas.
Accord réussi à la maison du chocolat.