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mardi 7 décembre 2010

De l'avent, exégèse d'Ambrogio Lorenzetti


La période de l'avent, cher lecteur, ne doit pas se limiter à une frénétique course aux cadeaux. Nous y reviendrons d'ailleurs à l'occasion d'une note consacrée à cet épineux sujet.

La période de l'avent pose la question de l'incarnation. Le sens de Noël ?

Noël qui, aujourd'hui est la plus populaire des fêtes est-il le moment essentiel de la religion chrétienne ?

Vaste question ami lecteur qui mérite que nous nous y penchions (attention toutefois à ne pas tomber).

Ainsi, quel acte marque-t-il une rupture dans l'histoire ? L'annonciation ? L'incarnation ? La vie publique du Christ ? La crucifixion ? La résurection ?


Et si tout reposait sur l'annonciation ? L'essence de la foi chrétienne est l'amour inconditionnel de Dieu. Aussi l'annonciation est-elle peut-être la plus sensible des séquences du nouveau testament. D'autant plus signifiante si l'on admet que Dieu demande à Marie de bien vouloir l'accueillir. Ce que représente Ambrogio Lorenzetti dans le geste "d'autostoppeur" de l'ange de son annonciation. Ce geste signifie en effet la demande d'une charité.

La grâce est ainsi, de Dieu vers l'homme et ça, c'est l'incarnation, la vie de Jésus, sa mort et sa résurection. Mais aussi dans sa réciproque, dans l'acceptation de l'homme à la venue de Dieu. C'est très beau. Et sans doute une réflexion très profonde et admirablement interprétée par le Siennois.

C'est ça Noël.

nm.

dimanche 19 septembre 2010

De manger du vitello tonato à Paris, Maison Davoli, dans le septième arrondissement


Mettons en scène cette note culinaire. Florence 2009. Sur les rives de l'Arno, votre serviteur déjeune dans une petite trattoria hors des sentiers touristiques. Florence est une ville où, en dépit du tourisme intense, on mange encore très bien.

Une petite trattoria disais-je. Sur les conseils d'une camarade qui m'avait fait le plaisir de partager ce déjeuner, et très au fait de la cuisine italienne, je commande du "vitello tonato". Drôle de bête : du veau, et de la mayonnaise, et du thon, et des câpres et de la grâce.

On se le dit : le coup de foudre absolu. Le vitello tonato incarne pour votre serviteur la beauté de la cuisine italienne.

Mais dieu que c'est difficile d'en manger à Paris. Alors, un petit conseil. Rendez-vous chez Davoli, le traiteur italien du 34, rue Cler. Attention toutefois. Le vitello tonato n'est pas toujours proposé, aussi il faut s'armer de patience. N'hésitez donc pas à consulter leur carte régulièrement pour ne pas manquer l'occasion de vous régaler.


nm.

dimanche 20 juin 2010

De Taddeo Gaddi, un génie trop méconnu

Chappelle Baroncelli

Le calvaire de Santa Croce

Résurrection (collection privée !!!!)


Il n'est sans doute pas le plus célèbre des peintres italiens du Trecento. Elève de Giotto, Taddeo Gaddi serait né vers 1300 et mort en 1366.

Taddeo Gaddi est, je le crois, un passeur entre Giotto et la renaissance florentine à venir avec Masacio mais surtout, s'agissant de son héritage, de Fra Angelico.

Il a passé 24 ans auprès de Giotto. Et on retrouve sans surprise l'influence du maître : les visages "giottesques" qui laissent derrière eux les masques hiératiques de l'art byzantin, l'art de la composition.

Et annonceur de la renaissance Gaddi ? Pour tout vous dire, j'ai été bouleversé par le calvaire de la sacristie de Santa Croce. Il est impossible que Fra Angelico n'est pas pris cette oeuvre comme une sorte de diapason. Les couleurs, débarrasées du superflu, et surtout, le volume des corps qui semble surgir de la surface. 80 ans avant la trinité de Masacio et la chapelle Brancaci.

Où voir les oeuvres de Gaddi ? Essentiellement à Florence. Allez à Santa Croce et restez aussi longtemps que possible dans la chappelle Baroncelli, récemment restaurée qui est couverte d'un cycle de fresques représentant la vie de la vierge. C'est l'art florentin dans tout ce qu'on peut aimer. Un festival de couleurs et de lignes. Magnifique.
Toujours à Santa Croce, le fameux calvaire de la sacristie donc. Je le répète, sans doute l'une des plus belles oeuvres de Florence. Et enfin, l'arbre de vie qui recouvre l'un des murs du réfectoire.
On trouve d'autres oeuvres peintes aux Offices, à Madrid (fondation Thyssen-Bornemisza) , à Venise.

nm.

mardi 26 janvier 2010

Des frères Chapman, "Fucking Hell" présentée à la Punta Della Dogana de Venise

La dernière exposition présentée par la Fondation François Pinault s'intitule "Mapping the Studio". Son vernissage a eu lieu le 06 juin dernier à l'occasion de la biennale et son propos (simple mais clair) est de présenter une sélection de l'extraordinaire collection du milliardaire français ; en quelque sorte une sélection de ce qu'est aujourd'hui l'art contemporain.
Il est peut-être bon de rappeler que François Pinault, en Medicis du XXIe siècle, est l'un des collectionneurs d'art contemporain parmi les plus importants du monde.
Parfois vivement critiqué pour ses choix d'artistes "à milliardaires" comme Jeff Koons, il jouit dans le même temps d'un immense aura dans le milieu. Pour preuve il a été désigné à 2 reprises (2006 & 2007) "Personnalité la plus importante du monde l'art" par le magazine Art Review, et il atteint en 2009 la 6ème du prestigieux baromètre.
Il est utile également de rappeler que si la fondation d'art contemporain de François Pinault est à Venise, il était d'abord question qu'elle s'installât à Boulogne-Billancourt. Il ne faut pas avoir de regrets car la confrontation des artistes contemporains avec le patrimoine culturel de la sérénissime est à la fois passionnant et pertinent.



Revenons à l'objet initial de cet article : "Fucking Hell", l'une des deux oeuvres de frères Chapman exposées dans la cadre de Mapping the Studio.
Il s'agit en quelque sorte d'une maquette composée de 9 parties. Pour se faire une idée de cette incroyable pièce il faut imaginer un super décor de train miniature. Tout y est minutieusement détaillé. Les personnages, la végétation, les batiments, trains, voitures, chars d'assauts qui composent ces 9 tableaux. Le travail étonne d'abord par ce qu'on imagine de la masse de travail qu'il a fallu investir pour réaliser ces scènes habitées de plus de 30 000 personnages tous différents. Lorsqu'on sait en plus qu'une première version de l'oeuvre a été détruite par un incendie et que les Chapman sont repartis de zéro on ne pourra qu'admirer l'énergie et la minutie du travail.

Pour le thème, il est d'une immense simplicité. Comme la vidéo le montre, le propos est simplissime. Une dénonciation de l'horreur nazie. Et pour dénoncer, les frères Chapman choisissent une méthode radicale. Les Nazis sont ici non seulement Bourreaux mais aussi victimes des exactions commises durant le 3 ème reich. J'ai été complétement happé par cette oeuvre qui fourmille de détails tous plus terrifiants et malsains les uns que les autres.


Je considère avec ce travail qu'on touche à ce que l'art contemporain a de meilleur. Lorsqu'il sait être radical dans son discours, intelligible dans son expression, efficace dans les émotions intellectuelles et esthétiques qu'il suscite, novateur dans son medium et qu'il impose le respect le respect face à la somme de travail qu'une oeuvre comme celle-ci a requis (les frères Chapman n'ont pas à rougir, je crois, de l'effort qu'un Tintoret pouvait consacré à la réalisation d'une de ces grandes toiles qu'on trouve dans les églises vénitiennes).


Nota : Je vous recommande de prendre le temps de regarder la video faite par les artiste eux-même pour présenter ce travail.

nm.

lundi 23 novembre 2009

Des produits de l'Officina Profumo Farmaceutica Santa Maria Novella à Paris


Il existe à Florence bien des chefs d'oeuvres. Les Offices, la chapelle Brancaci, le Duomo, Santissima Annunziata ... Et une antique pharmacie, tout à coté de l'église Santa Maria Novella, l'Officina Profumo Farmaceutica Santa Maria Novella. Fameuse depuis 1612, elle est notemment reconnue pour son intérieur magnifique et pour avoir créé depuis plus de 300 ans des eaux de cologne et toute une déclinaison de précieux produits comme des encens, des huiles, bougies ... Parmi ceux-ci une Cologne créée pour Catherine de Médicis. Il est difficile de trouver ses produits hors de Florence, aussi la rédaction du Blog d'Issac vous recommande la boutique Amin Kader, 2 rue Guisarde à Paris, qu'on préférera à celle de la rue de la Paix, pour l'excellent accueil japonais que vous recevrez.

Vous y retrouverez une sélection réussie de produits parmi lesquels le superbe Papier d'Arménie.

samedi 18 juillet 2009

D'impressions florentines

Ah les vacances, douces plages de méditations au soleil de la Toscane, sur les pas de Fra Angelico, Giotto, Simone Martini, Gozzoli, Bronzino, Lippi père et fils, Boticelli, Léonard, Ghirlandaio, Michel-Ange, Andrea Del Sarto, Pontormo, Da Fabriano, Rosso, Bruneleschi, Donatello, Masacio, Della Robia .... Bref, tous nos meilleurs amis italiens !


GhirlandaioRosso
Simone Martini
Masacio
Gentile Da Fabriano
Fra (défroqué!) Filippo Lippi

Donatello
Giotto
Sandro Botticelli
Benozzo Gozzoli
Fra Angelico (Cellule de Cosme l'Ancien)

Leonard
Pontormo