lundi 2 février 2009

De l'interprétation solistique de la messe en Si de Bach


Il n'y a aucun doute pour moi. S'il devait se poser la question du plus grand chef d'oeuvre de la musique, je répondrais immédiatement par la grand Messe en Si de JS Bach. Cette oeuvre immense est une réponse définitive à chacun se posant des questions sur l'absolu et le divin.

Bach éclaire tout sur son passage. Avec force parfois, avec une sensibilité qui rend l'auditeur incroyablement humain et peut-être même plus que cela.

Je pourrais sans doute la ré-écouter encore et encore et rester sans voix, comme pétrifié par cette musique. D'ailleurs, je la ré-écoute encore et encore, et comme une vielle maitresse, elle ne me lasse aucunement et sa connaissance semble être repoussée à chaque fois.


Et j'ai eu une nouvelle surprise très dernièrement à l'occasion d'un concert mémorable au théatre des Champs-Elysées. La bonne fortune avait voulu m'accorder la présence d'une délicieuse voisine ce qui était déjà une excellente entrée en matière mais mon propos du jour n'est pas là. Dès les premières mesures du Kyrie j'ai su que j'avais affaire à une interprétation très différente de tout ce que je connaissais de cet ouvrage. Konrad Junghänel à la baguette du Cantus Köln, un ensemble allemand.

En effet, le choeur était réduit à 9 solistes. Et la Messe fut transformée. Cette interprétation qu'on qualifie de "solistique" a mis en lumière sous un nouvel angle la messe bien aimée.

Je partage donc avec vous mon immense enthousiasme quant à la réussite de cette interprétation mais aussi mon intérêt pour cet ensemble qui donne un nouveau sens à l'interprétation. Non pas uniquement au sens de l'exécution, aussi sublime qu'elle peut être, mais également dans sa dimension de création.

Je sais que ce sujet fait débat. Certes. Mais mon avis est tout fait. Vous pourrez retrouver le Cantus Köln chez Harmonia Mundi.


Je reprendrai donc à mon compte ce commentaire que Harmonia Mundi associe à ce disque :

"L'adoption dans la Messe en si mineur de la formation solistique associée au nom de Cantus Cölln ne relève pas du dogmatisme, mais d'une réelle alternative d'interprétation. Elle permet d'exposer avec une grande clarté l'écriture polyphonique de Bach, souvent d'une extrême complexité contrapuntique. Ainsi deviennent audibles des liens qui sont en général noyés dans l'ivresse sonore ambiante. Dans des mouvements comme l'Et incarnatus ou le Crucifixus, l'affirmation personnelle des émotions devient bien plus individualisée et prégnante. De surcroît, cette transformation des conditions d'interprétation fait naître de nouveaux équilibres et couleurs sonores, aussi surprenants qu'inhabituels. "

4 commentaires:

Anonyme a dit…

J'y étais aussi, ce soir-là.

Une telle ferveur de votre part me donne l'envie de vivre quelques autres concerts non loin de vous.

Meredith a dit…

Bel hommage rendu à cette interprétation de Maître, je me laisserai presque séduire, pourquoi pas...

Anonyme a dit…

magistral hommage
papa

Anonyme a dit…

passionnant acticle et magistral clin d'oeil à ce gigantesque maître qu'est JS BACH.
à donner des frissons
papa