dimanche 1 mars 2009

De la crise et de son traitement


Parlons avec franchise. La crise est d'origine financière. Elle a totalement désordonné nos grandes banques qui depuis plus de 6 mois n'en finissent pas d'exhumer des créances douteuses.

Les premiers touchés ont été aux Etats-Unis les pauvres gens qui avaient été bernés par un système qui permettaient même aux plus modestes de devenir propriétaires. Eux ont été depuis expulsés de leur domicile et se retrouve dans les difficultés les plus grandes. En France, nous n'avons pas connu cette conséquence de la crise.
En même temps que cette population humble, ce furent les salariés du secteur financier qui furent bien évidemment frappés par la crise. Faillites, licenciements ... En France, nous avons sans doute été beaucoup moins touché qu'aux US ou qu'à Londres, même si certains traders ont du être remerciés.
En revanche, En France, les sociétés de conseil qui travaillent avec le secteur financier ont elles été bien plus impactées. Et nombre de projets ont été remis à plus tard.
Les troisièmes à avoir été touchés de plein fouet furent les actionnaires. Sans doute, ils sont aujourd'hui les victimes les importantes de cette crise puisque leurs investissements ont été divisés par deux, trois ou plus. Il s'agit de personnes de tous horizons, de riches investisseurs, mais aussi des salariés, des retraités, bref tout le monde a pu être touché.

En automne, le second étége de la fusée Crise a été constaté. La fluidité de l'argent ayant été rendu difficile, les investissements des entreprises a été rendue beaucoup plus compliquée. A cel, s'est ajouté un climat de crainte générale.
Conséquences directes : les programmes d'investissements ont été rendus impossibles, revus très significativement à la baisse , ou ajournés. Les sociétés qui comptaient sur ces contrats se retrouvant alors dans des situations critiques.
D'où les premiers licenciement et le ralentissement des recrutements (en témoigne ma propre société) et vous avez donc un trou d'air dans la consommation avec pour secteur touché en priorité l'automibile.
Et le ralentissement de l'économie est comme chacun le sait un phénomène de cercle tantôt vertueux tantôt vicieux. Qui s'alimente aujourd'hui des mauvaises nouvelles que nous avons chaque jour. 90 000 nouveaux demandeurs d'emploi en janvier par exemple.
Et les victimes de ce deuxième de la fusée sont donc les salariés qui viennent de perdre leur emploi, et les sociétés qui voient leurs capacités d'investissement totalement diminuées.

Je comprend donc certaines des mesures prises en Europe. Le soutien au secteur financier doit être sans faiblesse. Les mesures d'indemnisation du travail partiel sont indispensables. Tout ce qui peut permettre de soutenir l'emploi et l'investissement doit être fait. Sans compter les efforts. Et pourquoi pas des exonérations massives (totales ?) de charges pour les recrutements fait en 2009 pendant 2 ans par exemple. Bref, il est temps de soutenir l'emploi et avec une intensité sans faille.
En revanche, je ne comprends pas les demandes portant sur le pouvoir d'achat des salariés. En effet, l'inflation ne pose pas fondamentalement plus de problème aujourd'hui qu'il y a deux ans. Ce n'est pas vrai. Et les salariés, ou les titulaires d'aides sociales n'ont pas été victimes de baisse de leur traitement, puisque ce n'est tout simplement pas possible. Alors, les mesures annoncées par Sarkozy sur la suppression des tranches d'impots je ne les trouve pas adaptées au contexte. Alors, les demandes de la gauche d'augementer les salaires, ou le SMIC ou les indemnités sociales, je ne les comprends pas. Elles ne sont pas justes. Et c'est le pire moment pour les mettre en oeuvre si on devait le faire, eu regard des difficultés des entreprises ; et je peux en témoigner.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

excellente analyse, grande maitrise du sujet.
d'accord avec toi isaac, le pire des moments pour réclamer des augmentations salariales.
par contre en opposition avec toi, pour la révision, de certaines tranches d'impôts, par Monsieur notre Président (désolé je suis un inconditionnel)
si, ce dont je crois, elles sont réservées à certaines catégories, que nous qualifions dans notre jargon "comme acheteuses" cela peut être que bénéfique pour l'industrie, le commerce et autres services, et astucieux retour sur investissements productrices du premier impôt : la T V A
Quant à ces fameuses tranches , plutôt le sytème d'impostion, merci de m'expliquer pourquoi :

- un salarié bénéficie d'un abattement de 20 % sur ses revenus

- une profession libérale est imposée + 20 % sur son résultat

en clair :

un salarié déclarant 30 000 €
sera imposé sur une base d'environ
24 000 €

un libéral déclarant 30 000 €
de résultat sera imposé sur une base de 36 000 €*
s'il ne fait pas partie d'une association de gestion agréée impliquant forcément un comptable, pour un coût global au minimum de
4 000 €.

les comptabilités des professions libérales sont généralement assez simples et transparantes.
pourquoi imposer des frais conséquents supplémentaires ?

Peut être aussi, pour la T.V.A. sur honoraires ....

un fidèle à isaac et pour cause :
papa

Mister M a dit…

Je me permettrai juste d'ajouter que la crise est d'origine immobiliere et non purement financiere - certes les secteurs immobilier et financier sont interdependants au travers des mecanismes de credit, mais la precision meritait d'etre ajoutee.
Tout ceci pour dire que les circonstances actuelles me font penser que la situation ressemble a celle rencontree par le Japon au debut des annes 90. Quant a dire qu'il s'agit d'une recession du type de celle rencontree dans les annees 30, je ne franchis pas le pas. Il va donc s'agir pour nos gouvernants de ne pas prendre les mesures prises par le Japon - puisque 20 ans de morosite s'en sont ensuivis!

Fab a dit…

immobilière, immobilière... si on considère que prêter de l'argent à des individus qui ne pourront le rembourser dans le but de leur promettre l'accès à la propriété est de l'immobilier... alors ok, la crise est d'origine immobilière.

Mais j'ai quand même l'impression que c'est un peu de la finance bancaire tout ca... sans parler des pertes de trading sur les marchés dérivés (thx Kerviel), des montages visant à dissimuler des pertes dans les hedge funds (thx Madoff and co) qui m'ont l'air très financières... et qui n'ont pas réellement rassuré les banques à rouvrir les vannes du crédit... mais bon, c'est vrai, on ne parle là que quelques dizaines de milliards de dollars, soit presque rien à notre époque où toute arnaque de moins d'un milliard passe inapercue dans les medias. :-)

Anonyme a dit…

superbe commentaire de fab
franchement j'adore

il est interessant de noter, que nos amis les banquiers avaient deux casquettes : celle de commerçant pour accorder des facilités de caisse moyennant un intéret à 2 chiffres, très très légèrement inférieur au taux d'usure.... et autres commissions d'interventions, dont le tarif horaire laisserait réveur beaucoup de professionnels engageant notamment leurs propres capitaux, et celle de policier pour sanctionner quelques dérives, qu'ils nous avaient tacitement accordées, et que , toujours selon leurs convenances, très arbitraires, ils nous retirent ...

maintenant, les casquettes sont tombées, les fonctions aussi, le jeu est différent, mais très connu depuis des décennies :
les gendarmes et les voleurs ......
papa