
jeudi 11 mars 2010
Du dernier meeting de campagne PS en Ile de France

mercredi 10 mars 2010
Du nouveau Roman Polanski, Ghost-Writer, courte note

vendredi 5 mars 2010
De Pierre Soulages et Nespresso
L'exposition Pierre Soulages actuellement présentée par le centre Pompidou se termine le 8 mars. La rédaction invite donc tous ceux qui ne l'ont pas encore vue à s'y rendre.A ne pas manquer donc, d'autant plus que la peinture de l'aveyronnais ne donne rien en reproduction. Il convient donc de voir "in vivo" son travail pour vraiment en profiter.
mardi 2 mars 2010
Des BB Brunes, courte note, très courte, 2ème partie
http://www.youtube.com/watch?v=pztA5aRPNbo&feature=channel
Tremble Bob Dylan, Tremble John Lennon, Tremble Patti Smith, Tremblez Television, Tremblez légendes du rock .... Bill Halley, Janis Joplin, Jimi Hendrix, vous êtes morts en vain.
Le grand frisson !
De Joseph Haydn, courte note

mercredi 24 février 2010
D’être un homme sérieux et du petit lapin
Mon fils me demande souvent "est ce que c'est grave ?". Je lui répond non, oui, à ton avis ? Pas si simple. Ca dépend. Ou non ?C'est une des questions que pose le magnifique "A Serious Man" de Joel et Ethan Coen. Œuvre profonde et spirituelle sur le questionnement humain. Comment être un homme juste ? Comment vivre une vie bonne ? Est-ce qu’une faute est grave ? Cela fait il de moi un homme mauvais ?
Mais aussi : est-ce que ce qui m'arrive est grave ? Dois-je seulement me plaindre ? A qui ? Devrais-je m’interroger sur les raisons ? Est-ce le hasard ? Ou une malédiction ?
Il y a un livre dans la bible qui porte le nom de Job. Job est un homme intègre et droit qui craint Dieu et se garde du mal. Un jour le malheur s’abat sur lui et il perd successivement tous ses troupeaux, ses serviteurs, et ses enfants. Il persévère cependant dans l’intégrité sans adresser à Dieu ses reproches. Alors Job est affligé d’un ulcère malin qui lui couvre tout le corps. Là encore il ne se plaint pas. Pourtant ses trois amis viennent le plaindre et le consoler, et libèrent finalement sa parole.
« Périsse le jour de ma naissance ». Alors que ses amis tentent de le réconforter, Job exprime sa douleur profonde. Puis sa colère et son indignation devant l’injustice dont il est victime : pourquoi cela lui arrive-t-il alors que les « méchants restent en vie » ? Il constate que Dieu est loin et que le mal triomphe en son absence. Enfin il s’interroge sur toutes les fautes qu’il aurait pu commettre mais qu’il n’a pas commise, de l’adultère au vol, de la négligence des plus faibles à la cupidité. Ses derniers mots appellent Dieu à lui répondre.
La tempête viendra et la réponse de Dieu avec elle.
Il y a un livre avec un petit lapin qui fait des bêtises et qui dit à son papa "c'est pas grave". Jusqu'au jour où il se fait mal en tombant de la gueule du loup : "c'est très grave" dit-il.
Le livre conclut : il y a des choses plus graves que d’autres.
df.
« C’est pas grave » est un très beau livre de Michel Van Zeveren.
mercredi 17 février 2010
De Patrick Balkany et François Fillon, l'affaire Marie-Luce Penchard

nm.
mardi 16 février 2010
Du SAV des émissions, très courte note
vendredi 12 février 2010
Des BB Brunes, courte note, très courte

jeudi 11 février 2010
Du débat Hollande-Bertrand lors de l'émission "A vous de Juger", courte note

mercredi 10 février 2010
De marcher sur la tête, la publicité pour les magazines hot en pleine rue

mardi 9 février 2010
Des centres de rétention de l'état français
Je me suis tenu un jour devant les grillages hauts d’un centre de rétention administrative. J’ai vu le drapeau français flotter dans l’enceinte de ce monde clos, séparé de moi par plusieurs rangées de barrières blanches barbelées, opaques, ne laissant traverser jusqu’à moi que la silhouette fantomatique de ses détenus.J’ai entendu la voix de ces hommes crier au loin « liberté » et secouer les murs de leur prison comme pour porter plus loin le bruit de leur existence. Tout ici est en place pour la nier, en attendant un prochain vol qui les emmènera loin de notre pays.
J’ai vu les forces de police partout présentes dans ce lieux, et leur fourgon aux vitres fumées se garer en marche arrière dans un couloir discret du bâtiment pour charger / décharger des hommes à l’abri des regards extérieurs. Un homme que l’on a pris chez lui, dans la rue, devant une école, à la sortie de son travail et que l’on emmène dans ce lieu caché des regards, pour l’envoyer plus tard, vers un autre lieu caché de notre regard : son pays d’origine. On l’enverra lui, ses souffrances, ses espoirs, toutes les raisons de sa présence ici en France, hors de notre regard.
Ils n’ont pas volé, ils n’ont pas tué, ils ont travaillé pour gagner leur vie, ils ont construit des maisons, préparé des repas, nettoyé des bureaux. Ils ont étudié, mis leurs enfants à l’école, ils ont fait leurs courses dans des supermarchés. Ils ont aimé leurs enfants, ils ont embrassé leurs compagnes. Ils ont espéré trouver en France un pays d’accueil pour vivre, protéger leur famille, élever leurs enfants, leur donner une meilleure chance.
Pourquoi interdire les visites aux détenus des centres de rétention ? Pourquoi ériger 5 rangées de grillages entre l’extérieur et ces hommes retenus ? Pourquoi empêcher ces contacts humains ? Pourquoi les réduire à des ombres aperçues informes dans les grillages blancs ? La différence de cet homme avec moi justifie-t-elle de le cacher à mon regard ? Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il n’y a pas d’étrangers sur cette terre. Il y a des hommes et des femmes, c’est tout.
Alain Badiou dans « Eloge de l’amour » parle de la différence et du refuge identitaire : « lorsque le contexte est dépressif et réactionnaire, ce qu’on tente de mettre à l’ordre du jour, c’est l’identité. Cela peut prendre différentes formes, mais c’est toujours l’identité. Et Sarkozy ne s’en est pas privé. Cible numéro un : les ouvriers de provenance étrangère. Instrument : des législations féroces et répressives. […].Hors quand c’est la logique de l’identité qui l’emporte, par définition, l’amour est menacé. On va mettre en cause son attrait pour la différence, sa dimension asociale, son côté sauvage, éventuellement violent. On va faire de la propagande pour un « amour » en toute sécurité, en parfaite cohérence avec les autres démarches sécuritaires. Donc défendre l’amour dans ce qu’il a de transgressif et d’hétérogène à la loi est bien une tâche du moment. Dans l’amour, minimalement, on fait confiance à la différence au lieu de la soupçonner. »
Ne nous y trompons pas, ce qui est en jeu ici est bien plus que le destin de ces 30 000 personnes que l’état français enferme chaque année. L’industrialisation de la rétention et la criminalisation des migrants est une blessure à notre humanité. Résistons. De toutes nos forces.
Certains ont crié « on ne vous oublie pas ! on ne vous oublie pas ! » et aux fenêtres du centre de rétention des bras sont sortis pour faire signe. Signe que des hommes et des femmes sont bien là, cachés à nos regards, et qu’il ne faut pas oublier.
df.
dimanche 7 février 2010
Du Sherlock Holmes de Guy Ritchie, courte note

mercredi 3 février 2010
De mettre en scène (5) - la nuit juste avant les forêts
Une de mes histoires préférées rapporte un dialogue entre deux étoiles de la musique contemporaine : Miles Davis et John Coltrane. Le premier se plaint de la longueur des improvisations de son saxophoniste de l’époque. Coltrane s’excuse "Je commence tout juste. Je ne peux pas m’arrêter". Miles répond : "Essaie d’enlever le bec du saxophone de ta bouche". J’ai beaucoup d’affection pour John Coltrane. Sa musique va jusqu’au débordement. Elle exprime magnifiquement le profondeur de nos sentiments. Elle ne nous dit pas ce qu’ils sont, elle nous les fait entendre. En nous même.
Il en est ainsi de "la nuit juste avant les forêts", un texte de Bernard-Marie Koltès écrit en 1977. Une longue phrase qui s’étend sur 63 pages. En novembre dernier, Michel Didym me l’a dite si intensément que sa voix raisonne encore en moi à la lecture de ces mots.
C’est une nuit pluvieuse où un homme nous aborde dans la rue, à la recherche d’une chambre. Peu à peu le flot des mots nous envahit, nous transporte, nous retient. La mise en scène de Alain Françon donne de la matière à l’acteur seul sur scène. Le bois refuge suspendu par des cordes au dessus de l’eau qui attire, les pierres disposées ça et là dans l’eau pour rester au sec, en équilibre, le bloc de pierre qui se balance, lourd et frôle l’acteur, les pieds dans l’eau, qui monte le long du pantalon, le froid qui guette, le pied qui tape et éclabousse de colère, la pluie qui tombe.
Il est question de fraternité. Il est question d’une pute qui est morte d’avoir mangé la terre d’un cimetière. Tout le quartier s’en émeut. "Où aller ? Où aller ?". Où aller pour échapper à ces putes folles ? Où aller pour fuir la douleur des autres ? Où aller pour ne plus croiser rien qui nous dérange ? Il est question d’humanité.
Yves Ferry qui crée la pièce avec Koltès pour le festival d’Avignon témoigne "La Nuit, c’est comme un solo de Charlie Parker : à la fois très construit, très savant, et tenant de l’oiseau, du mystère de chanter dans la nuit. Un blues qui ouvre tout et qui garde ses secrets."
C’est aussi ce que j’aime dans la musique jazz. Une mélodie, une structure, et puis tout est ouvert pour l’improvisation d’un artiste, qui laisse apparaître dans la note inventée la beauté de son âme.
John Coltrane dans le texte : "It took that long to get it all out".
df.
et pour le plaisir...
mardi 26 janvier 2010
Des frères Chapman, "Fucking Hell" présentée à la Punta Della Dogana de Venise
Il est peut-être bon de rappeler que François Pinault, en Medicis du XXIe siècle, est l'un des collectionneurs d'art contemporain parmi les plus importants du monde.
Parfois vivement critiqué pour ses choix d'artistes "à milliardaires" comme Jeff Koons, il jouit dans le même temps d'un immense aura dans le milieu. Pour preuve il a été désigné à 2 reprises (2006 & 2007) "Personnalité la plus importante du monde l'art" par le magazine Art Review, et il atteint en 2009 la 6ème du prestigieux baromètre.
Il est utile également de rappeler que si la fondation d'art contemporain de François Pinault est à Venise, il était d'abord question qu'elle s'installât à Boulogne-Billancourt. Il ne faut pas avoir de regrets car la confrontation des artistes contemporains avec le patrimoine culturel de la sérénissime est à la fois passionnant et pertinent.
Revenons à l'objet initial de cet article : "Fucking Hell", l'une des deux oeuvres de frères Chapman exposées dans la cadre de Mapping the Studio.
Il s'agit en quelque sorte d'une maquette composée de 9 parties. Pour se faire une idée de cette incroyable pièce il faut imaginer un super décor de train miniature. Tout y est minutieusement détaillé. Les personnages, la végétation, les batiments, trains, voitures, chars d'assauts qui composent ces 9 tableaux. Le travail étonne d'abord par ce qu'on imagine de la masse de travail qu'il a fallu investir pour réaliser ces scènes habitées de plus de 30 000 personnages tous différents. Lorsqu'on sait en plus qu'une première version de l'oeuvre a été détruite par un incendie et que les Chapman sont repartis de zéro on ne pourra qu'admirer l'énergie et la minutie du travail.
Pour le thème, il est d'une immense simplicité. Comme la vidéo le montre, le propos est simplissime. Une dénonciation de l'horreur nazie. Et pour dénoncer, les frères Chapman choisissent une méthode radicale. Les Nazis sont ici non seulement Bourreaux mais aussi victimes des exactions commises durant le 3 ème reich. J'ai été complétement happé par cette oeuvre qui fourmille de détails tous plus terrifiants et malsains les uns que les autres.

Je considère avec ce travail qu'on touche à ce que l'art contemporain a de meilleur. Lorsqu'il sait être radical dans son discours, intelligible dans son expression, efficace dans les émotions intellectuelles et esthétiques qu'il suscite, novateur dans son medium et qu'il impose le respect le respect face à la somme de travail qu'une oeuvre comme celle-ci a requis (les frères Chapman n'ont pas à rougir, je crois, de l'effort qu'un Tintoret pouvait consacré à la réalisation d'une de ces grandes toiles qu'on trouve dans les églises vénitiennes).
Nota : Je vous recommande de prendre le temps de regarder la video faite par les artiste eux-même pour présenter ce travail.
nm.
lundi 25 janvier 2010
De la réforme des retraites (2)

Toute la rédaction du Blog d’Isaac se mobilise sur ce dossier essentiel. Puisqu’il concerne la majorité des français et l’un des systèmes de solidarité inter générationnelle les plus important au monde : le régime de retraite par répartition français.
Quelques compléments d’informations suite à la publication du premier article :
1/ Est ce grave docteur ?
Oui d’une certaine manière puisque le système actuel ne peut pas tenir dans les décennies qui viennent sans changer quelque chose. Ce n’est pas pour autant la panique : rappelons que le système est resté équilibré jusque 2006 et que les déficits récents sont simplement dûs à la dégradation économique de ces dernières années avec un taux de chômage plus important et un nombre de départs en retraite anticipée plus important. De plus, les projections de population active (taux de natalité et immigration principalement) ont nettement été révisées à la hausse depuis le coup d’alarme de 2003 ce qui devrait conduire à des déficits 2 fois moins élevés que prévus en 2040. Enfin il faut croire que les progrès technologiques à venir et la productivité / croissance générées permettront de changer la donne d’ici 30 ans. Une illustration pour relativiser : pour maintenir le système actuel d’ici 2040 (niveau de pension pour même durée de cotisation), il faudrait par exemple augmenter les cotisations (salariales ou patronales) régulièrement de 0,37% par an, ce qui ne paraît pas insoutenable. Contrairement au discours entendu ça et là, il n’y a donc pas lieu de paniquer et l’enjeu vaut bien le temps de la réflexion, indépendamment de toute idéologie.
2/ Alors que faire ?
L’équation a pour variables : le niveau de cotisation des actifs, la durée de cotisation des actifs et le niveau de pension des retraités (taux de remplacement).
Pour ce qui est de la durée de cotisation des actifs, il faut bien prendre en compte l’évolution des carrières depuis 30 ans : alors qu’en 1970 l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 17,6 ans et celui de sortie de 64,6 ans, il est aujourd’hui de 22 ans et 59,1 ans. Ce qui fait évoluer la durée moyenne de cotisation de 47 ans à 37,1 ans. Reculer l’âge de départ en retraite s’inscrit donc à contre courant de cette évolution régulière depuis des années et le problème de l’emploi des seniors aujourd’hui le confirme. Notre société ne semble pas prête aujourd’hui à faire une place au travail des plus de 59 ans. Ce qui est donc en jeu lorsque l’on parle d’allongement de la durée de cotisation alors que le problème du travail des seniors n’est pas réglé, c’est le la baisse du niveau de pension des futurs retraités (et donc de leur pouvoir d’achat) qui, partant en retraite avant la durée fixée de cotisation, ne toucheront pas leur pension complète.
Enfin, la pénibilité des métiers est importante ici puisqu’il s’agit de vérifier la justesse des redistributions du système : en effet, lorsque la corrélation entre le niveau de salaire actif et l’espérance de vie est importante, il est démontré que le système de retraite est régressif, dans le sens où il redistribue les ressources des agents les plus pauvres vers les agents les plus riches. Ça fait réfléchir…
Pour ce qui est du niveau de cotisation des actifs, c’est difficile de demander aux salariés qui cotisent aujourd’hui de cotiser plus, sachant qu’ils seront de moins en moins nombreux dans les années qui viennent et que leur besoin de ressources est plus important que celui des seniors (acquisition du premier logement, financement des enfants, …). Le système actuel garantit en moyenne un niveau de vie équivalent entre actifs et retraités, on risque de renforcer un système déjà présent aujourd’hui : les grands parents retraités qui soutiennent financièrement leurs petits enfants actifs. Il reste à trouver d’autres sources de revenus. L’idée lancée par Isaac est intéressante : après tout le capital a bien à voir avec les hommes et les femmes qui génèrent la valeur ajoutée dans les entreprises et ce serait un juste retour des choses.
Pour ce qui est du niveau des pensions des retraités : le niveau actuel garantit en moyenne aux retraités un pouvoir d’achat équivalent aux actifs (le niveau de pension est inférieur aux salaires actifs mais les charges le sont aussi – charges familiales, logement…). Cela étant dit, la moyenne peut cacher la réalité vécue. Ci-dessous une représentation des niveaux de pensions en 2004.

On voit donc bien la disparité des pensions : 17% des pensions sont inférieures à 600€ par mois, 17% des pensions sont supérieures à 1800€… Si il faut ré-étudier le niveau des pensions distribuées, il est donc indispensable de travailler dans le détail, pour ne pas appauvrir un peu plus ceux qui vivent déjà avec très peu.
df.
Merci à Martin Vidberg pour ses illustrations toujours drôles et pertinentes. http://vidberg.blog.lemonde.fr/
mardi 19 janvier 2010
De la réforme des retraites

Déjà UMP, PS et partenaires sociaux se positionnent en prenant soin d'être d'une immense prudence dans leurs déclarations. Néanmoins, on connait plus ou moins le clivage qui séparent les uns des autres, assez mince depuis une dizaine d'année.
Le surendettement est peut-être la conséquence d'une crise de la répartition salaire-capitale.
dimanche 17 janvier 2010
De la force des hommes et de leur douceur
C’est la compagnie Geraldine Armstrong / Rick Odums qui nous a fait découvrir ce week-end Rainbow ‘Round My Shoulders de Donald McKayle. Une chorégraphie puissante créée en 1959 sur le destin d’une chaîne de prisonniers condamnés aux travaux forcés et les rêves qui les habitent.Le corps et l’esprit travaillent ensemble dans cette pièce d’une vingtaine de minutes où les corps douloureux des hommes laissent échapper la profondeur de leurs sentiments intimes.
La force masculine est partout présente ici : par le nombre (7 danseurs), les mouvements rapides et saccadés, les corps massifs agités par les rythmes des magnifiques folk songs collectées par Alan Lomax dans l’amérique noire des années 30 et 40, la lourdeur de leurs pas et des leurs mains sur le bois de la scène. Le geste produit magnifiquement le son qui éclaire le geste. On voit presque la masse qu’ils font voler au dessus de leurs têtes et qui vient s’écraser sur la pierre à leurs pieds. Cet arc en ciel est d’abord tracé par l’outil au dessus de leurs épaules.
Et puis lorsque les prisonnier se reposent enfin, comme de leurs regards surgit une femme-oiseau, unique, toute en grâce aérienne jusqu’aux ondulations des doigts. Les mains et les bras s’envolent, légers et libres, merveilleux désirs nés dans le cœur des hommes assommés de fatigue. Autant de couleurs pour un arc en ciel, les visions se suivent en contrepoint du travail qui reprend, de l’amante (drôle) à l’épouse (bouleversant de douceur) en passant par la mère (troublant de justesse). Pour nous emmener vers le drame final, brusque : les gardes abattent 2 prisonniers qui prennent la fuite.
L’universalisme du sujet nous touche : la condition humaine, l’homme exploité, oppressé, animé par la colère, la soif de liberté, mais aussi la douceur de l’amour. La communauté physique du balais illustre parfaitement la communauté de classe, où la beauté de l’individu se dévoile dans le mouvement collectif. La fraternité des hommes nous émeut lorsqu’ils portent leur frère assassiné. Dans le dernier souffle de celui qui meurt, son corps l’abandonnant, c’est la douceur personnifiée qui vient danser une dernière fois avant l’obscurité et le silence. La valeur de l’homme est portée haut dans le ciel au travers de ce Rainbow magnifique.
df.
On trouvera ici un extrait de la chorégraphie daté de 1959 avec McKayle lui-même si l’on en croit la source.
samedi 16 janvier 2010
De Pauline Horovitz, courte note
Pauline Horowitz est une jeune artiste française très, très brillante. Ancienne pensionnaire de la Casa de Velazquez à Madrid, elle réalise des court-métrages fulgurants d'humour et d'humanité.Le blog d'Isaac vous recommande de ne pas manquer Cut Up, le magazine du Court présenté par Jackie Berroyer, mardi soir prochain sur ARTE à 23h40.
samedi 9 janvier 2010
Du second tour du débat sur le port de la Burqa

jeudi 7 janvier 2010
De la poésie de Pierre Soletti
La première fois que j’ai rencontré J’aurais voulu t’écrire un poème de Pierre Soletti, j’avais le cœur seul. Et je me suis senti moins seul. C’était le dernier jour de l’année et la Halle Saint Pierre m’avait accueilli pour un instant, un café, juste le temps de découvrir la librairie éphémère installée dans ses murs.
pour mes palmes ridicules
qui me font ramer dur
parmi les gens
J’aurais voulu t’écrire un poème c’est une belle phrase me suis-je dit. Et ce long poème en est plein. Les mots semblent vous aimer et vous entraîne l’imagination, les yeux ouverts, au fil d’une trentaine de pages.
parmi les nervures des feuilles
j’aurais voulu t’écrire un poème
Comme une porte que l’on ouvre, chaque page est une découverte. Par où ces mots m’emmènent-ils ? Parfois ils courent, puis ralentissent, reprennent leur souffle, bondissent, s’amusent, se cachent. Les illustrations de Valère Argué, toutes en ombres et lumières, leur répondent merveilleusement, tantôt reflet, tantôt forêt.
remonte moi dans l’ordre
l’autre côté du monde
Du désir plus que de l’écrire, de la poésie plus que du poème. La cinquième fois que j’ai lu J’aurais voulu t’écrire un poème j’ai commencé à voix basse et j’ai fini à voix haute. Ces mots sont faits pour s’envoler.
df.« J’aurais voulu t’écrire un poème » de Pierre Soletti est publié aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune.
mardi 5 janvier 2010
De mettre en scène (4) - les robots zinzins des zozos musiciens
On descend un escalier, on franchit une porte et nous voilà plongés dans l’univers de &&&&& & &&&, conçu et réalisé par Halory Goerger et Antoine Defoort. « Spectacle de câble et d’épée » nous dit-on. On déambule au travers d’œuvres diverses sonores, lumineuses, vidéos, robotiques, avant de trouver un peu d’humain sur la scène, au fond, fondus dans le décor. Bien vite on réalise qu’ils sont plus robots qu’humains. L’un est assis et joue du clavier azerty « bien tempéré » tandis que l’autre parle robot allongé sur le dos. Sur l’écran une histoire de microsoft défile, des origines à nos jours… le ton est donné. Si il est question d’art, il sera câblé…Les performances du duo s’enchaînent musicales (après le piano, la guitare azerty, la plante en plastique fender rhodes ou la harpe laser), théâtrales (scène de panique robotique ou combats d’épée laser), poétiques, drôles. Tout est mécanique, électrique, et l’on ne sait pas trop quoi faire de ses émotions devant les 2 hommes-robots qui font le spectacle. La séance de psychanalyse de l’unité de maintenance 27.876 est particulièrement réussie : son attirance pour l’humain, les gros plans sur les mains projetés comme dans un reportage télé, la relation avec la carte-mère et puis le poème « être un homme ». On rit devant tout ce monde déshumanisé. Et puis peu à peu un manque s’installe. Un vide d’humain de plus en plus présent. Révélé, en négatif de la performance, on est sensible au rire de sa voisine, au banc qui grince sous la pression des fesses de son voisin, aux respirations lorsque les notes des instruments raisonnent.
Tout s’achève et se répète après un reboot général, comme il se doit. On en profite pour s’attarder sur les installations : des scénarios de films de science fiction, des vidéos sur la théorie des trous noirs ou de gruyère, des communications spatio-temporelles, un sondage interactif qui questionne notre humanité ou notre cyber-compatibilité, des robots en cartons, une machine à commentaire à destination des artistes. Tout cela est ingénieux, plaisant pour les curieux, curieux pour notre plaisir.
On ressort de là amusé, décalés, un peu seul toutefois, comme d’un spectacle interactif à un sens. Notre chair n’avait pas de place sur la scène ou dans les œuvres. Pas de ping-pong ici. Seulement le son réconfortant des pings envoyés par les autres spectateurs. Vite la voisine est partie…
df.
dimanche 3 janvier 2010
Du premier tome des mémoires de Jacques Chirac

lundi 28 décembre 2009
De la proclamation de Pie XII "vénérable"

Mais peut-être serait-il bon de repréciser de quoi il est ici question. Une personne est reconnue "vénérable" par l'église catholique romaine au nom de l'héroicité de ses vertus. Cette reconnaissance est étudiée par la congrégation pour les causes des saints et c'est le Saint Père qui par sa signature valide la proclamation de cette "qualité".
Dans le processus de canonisation, être reconnu vénérable succède au statut de "serviteur de Dieu" et précède la béatification ultime marche vers la dite canonisation.
"L'héroïcité des vertus » désigne les efforts réalisés par la personne en vue de devenir meilleure, d'accueillir la grâce de Dieu, de pratiquer la charité, de se conformer à l'évangile et d'être fidèle à l'Eglise. Il ne s'agit pas ici de se poser la question de l'intercession que la personne aurait pu tenir pour la réalisation d'un miracle.
Avec la béatification, il faudra alors reconnaitre un premier miracle. Puis deux autres supplémentaires devront être versés au procès de canonisation qui peut aboutir (ou pas) à la proclamation de la sainteté.
Il semble que la controverse qui s'est engagée porte davantage sur la perspective de voir Pie XII poursuivre le chemin vers la béatification et la canonisation plutôt que sur la seule annonce du Vatican, la proclamation de sa "vénérabilité". Soit. Emballement médiatique et de l'opinion ?
Et pourquoi cette polémique est-elle si intense ? Revenons en quelques mots sur le parcours de Pie XII. Avant d'être élu Pape, Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli fut nonce en Allemagne, et est reconnu comme le meilleur diplomate d'alors au sein du vatican. Ce qui pose problème à beaucoup de ses détracteurs c'est justement qu'ayant été nonce apostolique en Allemagne, Pie XII ne pouvait que connaître les funestes desseins du régime Nazi.
Certes. C'est en 1939 qu'il accède au trône de Pierre. Pontificat qui durera jusqu'à sa mort en 1958.
Et on constate que l'image de ce Pape qui régna pendant une des périodes les plus noires de notre histoire evoluera au fil du temps.
Golda Meir a déclaré à sa mort: "Quand le terrible martyre de notre peuple arriva, pendant la décennie de la terreur nazie, la voix du Pape s’ éleva pour les victimes […] Nous pleurons un grand serviteur de la paix ".
Puis vint le temps des controverses qui commença avec une pièce de théatre, "Le Vicaire" du dramaturge allemand Rolf Hochhuth qui fut jouée pour la première fois en 1963. De nombreuses légendes courent au sujet de la création de cette pièce. On a pu dire que celle-ci avait été télécommandée par les services secrets roumains eux-même pilotés par le KGB : leur but étant de détruire l'image de feu Pie XII. Bref, un imbroglio dont on ne saura sans doute jamais le fin mot.
Plus récemment, le film Amen (2002) de Costa-Gavras qui met en scène une relecture du Vicaire a fait revivre la face supposée sombre de Pie XII.
Mon sentiment est que Benoit XVI est trop intelligent pour avoir commis un faux pas du point de vue historique et du point de vue humaniste. Voilà un homme, un brillant philosophe, un éminent théologien (faut-il rappeler que le monsieur est Pape ?) que j'imagine mal commettre une erreur sur une question aussi délicate. Cependant, comme ce fut le cas il y a quelques temps , la communication vaticane et le timing sont perfectibles. Il est sans doute urgent pour le Vatican de rendre accessible les archives concernant Pie XII afin de dissiper un malaise qui aurait pu être anticipé, et donc contourné.
nm.
vendredi 25 décembre 2009
De la guérison de nos âmes
Nous pensons aux mots d'Epicure lus récemment dans l'"Epicure et ses dieux" d'André-Jean Festugière : "...mais notre seule occupation doit être la guérison de nos âmes". Et l'auteur de poursuivre : "La sagesse est vie spirituelle. Et l'exercice de la sagesse est la pratique de cette vie. Or Epicure est trop grec pour penser que la guérison de l'âme puisse être obtenue dans la solitude. Il y faut un médecin, il faut sentir autour de soi la chaleur de l'amitié [...] De là vient que l'amitié, à ses yeux, fait partie intégrante de la sagesse. Car l'échange des pensées, le soutien des affections mutuelles ne conduisent plus seulement à se fortifier ensemble dans la poursuite d'une science abstraite, ils sont eux-mêmes la fin : c'est dans ce coeur à coeur que réside la paix de l'âme".Noël, fête de la fraternité et de l'espérance. Joyeux Noël à tous de la part de la rédaction du Blog d'Isaac !
df.