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mercredi 30 mars 2011

De "Lucas Cranach, peindre la grâce", de Anne Malherbe


Alors que l'exposition "Cranach et son temps" se donne à voir au musée du Luxembourg jusqu'au 23 mai et que le Louvre expose depuis peu les "Trois Grâces" du maître allemand, quel livre peut-on vous suggèrer sur le peintre de Wittemberg ? Sans hésiter, le dernier ouvrage de Anne Malherbe. Normalienne, historienne de l'art, consultante auprès de collectionneurs privés et institutionnels, la dame qui a publié son premier roman à la rentrée dernière nous revient ici avec un excellent petit ouvrage sur Cranach.

Ni trop savant, ni trop vulgarisateur. On y apprend l'art de Cranach, un personnage assez romanesque, mais aussi le contexte qui était celui de le Renaissance en Allemagne et de la Réforme, ô combien importante pour comprendre l'art du bonhomme. Un bouquin intelligent qui rend intelligent.


nm.

samedi 7 novembre 2009

De l'exposition "Titien, Tintoret, Véronèse ... Rivalités à Venise"

C'est l'exposition phare de la saison 2009-2010 au Louvre. Un blockbuster surgit de la renaissance en quelque sorte. La promesse d'une concentration de velours vénitien et de chefs d'oeuvres venus des 4 coins du monde.
On y va sans crainte d'être déçu. Et on a raison. L'exposition est magnifique. Malheureusement, le public très nombreux (même en nocturne) demande parfois qu'on sache faire l'abstraction du bruit ou des bousculades. Mais les oeuvres aident au bien-être, soyez-en certain.
Je vous recommande très vivement d'aller voir cette exposition. Une fois, deux fois ... Elle se déploie avec beaucoup de clarté, de beauté dans le très bel écrin du Hall Napoléon.
Je ne vous ferai pas l'insulte de faire ici la réclame des artistes présentés. On rappellera peut-être que cette exposition met parfaitement en lumière un moment de l'histoire de la peinture. Le XVIe Siècle vénitien qui semble surgit du génie créatif de Titien, fortement en rupture avec la renaissance classique et florentine qui domine alors. On fera ici l'expérience des différences passionnantes qui séparent les Florentins, leurs enfants (les 3 classiques Raphael, Michel-Ange et Leonard) et leurs petits enfants les maniéristes aux Vénitiens. C'est comme comparer le velours au marbre. La ligne au toucher.
Quelques unes des oeuvres présentées dans l'exposition :


Titien, mise au tombeau, Madrid, musée du Prado



Tintoret, Suzanne et les vieillards, Vienne, Kunsthistorisches Museum



Véronèse, Les Pélerins d'Emmaüs, Paris, Musée du Louvre

Je vous renvoie par ailleurs à l'excellent petit site monté par le Louvre à l'occasion de cette exposition.

nm.

mardi 20 octobre 2009

De l'agenda culturel à Paris, automne 2009


Cette rentrée est particulièrement riche en évènements culturels. Il est donc bon de faire un rapide point de ceux que la rédaction vous recommande de ne pas manquer :



D'abord, la FIAC ; la foire d'art contemporain de Paris, qui, pour la quatrième année maintenant, se déroule au Grand Palais et dans la cour carrée du Louvre.

Du 22 au 26 Octobre pour le grand public.

En marge de la FIAC, il peut être intéressant de visiter les foires off qui s'organisent à cette occasion. A commencer par SLICK au 104. Mais aussi Show Off sous le pont Alexandre III, Art Elysées dans les jardins des Champs-Elysées avec ses galeries moins "tendances" mais présentant des oeuvres souvent très intéressantes d'artistes des années 50 et 60.

Ensuite, l'exposition "Titien, Tintoret, Véronèse, rivalités à Venise" au Louvre jusqu'au 4 janvier 2010 est immanquable.

Et ce n'est pas fini, on ira aussi à la Pinacothèque de Paris pour l'exposition "L'age d'or hollandais, de Rembrandt à Vermeer" jusqu'au 7 Février.

Et ça continue avec l'exposition Bruegel Memling Van Eyck au musée Jacquemart-André jusq'au 11 janvier.

On finira cette sélection par l'exposition des galeries nationales du Grand Palais "De Byzance à Istanbul" qui se terminera le 25 janvier. Une manifestation qui accompagne l'année de la Turquie en France dont on parle trop peu. Ce qui nous permet ici (mais on y reviendra plus longuement) de rappeler que la Turquie, n'en déplaise à certains, c'est historiquement l'Europe, et c'est historiquement l'un des berceaux de la chrétienté. A bon entendeur ... Nous sommes ici très favorables à l'adhésion de la Turquie à l'union européenne.


lundi 10 août 2009

De la (re)découverte de la grande galerie du Louvre, Part 2

Reprenons.

Et toujours sur votre droite,
Fra Bartolomeo, qui tout comme Fra Angelico, se trouvait être à la fois frère à San Marco et peintre. Voilà une toile, dont petit à petit, j'apprends à découvrir les beautés cachées. Un mariage de St Catherine de Sienne. Observez notamment la surprenante accolade entre les deux frêres, La blancheur troublante de St Catherine, et la figure statutaire du personnage de droite.


Puis de part et d'autres,

Raphaël. Ce n'est pas le propos de cette note que de signaler les oeuvres immanquables. Néanmoins, allez, pour le plaisir, trois oeuvres du maître.

La Sainte Famille. Une de mes préférées. Pour l'harmonie, la composition. La figure de Joseph dont les traits semblent très légèrement floutés, St Elisabeth caravagesque, les drapés de la vierge et le marbre au sol.

Et deux portraits. Simples ? Pas simples, non. Justes.





Revenons sur les oeuvres moins visibles.

A droite,

Le Corrège. Il y a du Titien dsans cette toile, et si on m'avait dit que Courbet l'avait signée, je me serais laissé convaincre sans le moindre doute.

Venus et l'amour découverts par un satyre.



Toujours sur la droite,

Le Parmesan.Un autoportrait et un mariage de Ste Catherine.






Puis, revenant à gauche.

Ah ... Pontormo, Bronzino et Rosso. On est presque à Florence. Assez parlé :

Pontormo, donc. Vierge à l'enfant avec St Anne et quatre Saints. Maniera ? Si ! Bellissima !!



Bronzino. Peintre que je trouve de plus passionnant. Génial portraiste. Ce jeune homme a un air prétentieux non ? Un peu sur de lui, de sa caste ? C'est Bronzino !


Et cette vierge ... si séduisante. Bronzino (je laisse ici une ouverture à des commentaires sur la restauration assez particulière de cette toile)



Et Rosso. Le roux Florentin. Incroyable peintre qui pousse son art aux limites de la caricature, du réalisme, du cubisme ou le truffe de références au cabaret allemand de l'entre deux guerres (si si ...)


BONUS :

Le Caravage au Louvre. Parce que j'ai là aussi le sentiment que tant de visiteurs passent devant La mort de la Vierge sans y prêter la moindre attention.


Le Pérugin et Mantegna. Tandis que vous revenez sur vos pas, en face des Leonard, Minerve chassant les vices du jardin de la vertu et Le combat de l'amour et de la chasteté.

Mantegna

Vous noterez le paysage très douanier Rousseau de Pérugin et les visages cachés dans les nuages de Mantegna.

Pérugin

jeudi 6 août 2009

De la (re)découverte de la grande galerie du Louvre Part 1

Pour compléter un article sur la redécouverte d'oeuvres françaises méconnues, je vous propose de nous intéresser à la grande galerie, au salon carré (consacré aux primitifs italiens) ainsi qu'aux salles Duchâtel,Percier et Fontaine. On reviendra à l'occasion d'un autre article sur la salle des états.


Je vous propose de nous attarder sur des oeuvres qui pourraient échapper à une visite rapide, dictée par la course aux chefs d'oeuvres médiatiques. Laissons donc de coté les Leonard de Vinci.

Salle Percier. Ami lecteur, pas de chef d'oeuvre oublié ou à redécouvrir. Il est en effet difficile de manquer les fresques de Boticelli. Néanmoins, je vous recommande de prendre le temps de la contemplation, et de ne pas vous laisser entrainer par le flot des touristes qui courrent en direction du Graal : la Joconde et les noces de Cana.


Salle Fontaine. Faire un stop impératif pour admirer le calvaire de Fra Angelico, fresque qui ornait autrefois une paroi du réfectoire du couvent San Domenico de Fiesole, à proximité immédiate de Florence, et dont Fra Angelico fut longtemps l'un des frères, puis le prieur à partir de 1450. Fra Angelico est sous doute l'un de mes peintres favoris et je vous incite très vivement à prendre tout le temps nécessaire pour pénétrer l'émotion de la vierge et la douceur du christ en croix.





Salon Carré. Difficile de passer à coté du Cimabue et du couronnement de la Vierge de Fra Angelico. Néanmoins, là-encore, je ne peux que recommander la contemplation chez Fra Angelico des couleurs, de la douceur des visages, de l'incroyable rendu du marbre (dont on a pu pu dire qu'il était un prémice de l'abstraction).



Difficile aussi de manquer les Giotto. Donc j'insisterai sur l'annonciation de Bernardo Daddi qui est une petite merveille :





A regarder les visiteurs de cette salle, je remarque régulièrement que ceux-ci s'arrêtent sur les Botticelli, un peu moinssur les Lippi, mais qu'ils manquent la bataille de San Romano du florentin Uccello. Or cette oeuvre, dont il existe deux autres panneaux assez semblables aux Offices et à la National Gallery est un chef d'oeuvre très important de l'histoire de l'art. Ami lecteur, arrête toi et observe l'étrange mise en scène, les couleurs surprenantes des chevaux, des soldats.



Et pour finir, dans ce salon carré, allez re-découvrir que le Louvre possède un Benozzo Gozzoli :



Grande Galerie. On entre ici dans l'un des lieux les plus fréquentés (et de ceux dont le vacarme est le plus insupportable) du musée. Humblement, je vous propose sans plus de discours la sélection suivante. (dans le sens de la visite)

Sur votre droite,

Ghirlandaio : avec ce très touchant portrait d'un vieil homme avec un enfant.

Puis sur votre gauche,

Bellini : avec un calvaire et une vierge à l'enfant entourés de Saints (mention spéciale à ce dernier tableau pour sa composition "bellinienne" que j'aime énormément) :



Puis sur votre droite,

Piero di Cosimo : avec cette magnifique Vierge à l'enfant avec une Colombe, empreinte de mélancolie (?), ce qui est assez mystérieux, et porteuse du miracle de l'incarnation. Vous noterez par ailleurs que Picasso dans sa période bleue semble marcher dans les pas de cette peinture : un oubli de l'exposition Picasso et les maitres !



Toujours sur votre droite,

Le Pérugin, qui a tant inspiré Raphael. "La Vierge et l'Enfant entre saint Jean-Baptiste et sainte Catherine d'Alexandrie"



Puis, sur votre gauche cette fois-ci,

Lorenzo Lotto. Cherchez bien cette toile qui est sans doute l'une des plus petites de la grande galerie par ses dimensions. Un St Jérome perdu (ou qui se retrouve ?) au milieu d'un paysage tortueux. Un St Jérome à la pose d'ailleurs tortueuse.



Et à nouveau à droite,

Andrea Del Sarto, l'un de mes peintres favoris. Qui nous confirme que le maniérisme florentin dont il est l'un des grands représentants n'est en rien moins intéressant que la brêve renaissance "Classique" qui le précède. Vous retrouverez deux superbes toiles. Une allégorie de la charité et une une vierge à l'enfant avec St Elisabeth et St Jean le baptiste.





A suivre ...

lundi 4 mai 2009

De quelques oeuvres françaises (mé)connues du Louvre

Les week-end prolongés, lorsqu'on a la chance de ne pas partir et de jouir de Paris, sont l'occasion de donner du temps à la contemplation.
C'est ainsi que j'ai fait une série d'immersions au Louvre, bravant parfois des foules hostiles à la dite contemplation (Dieu merci, le son poussé au maximum de mon Ipod a permis de repousser le brouhaha de la grande galerie ...)
Je profite donc de cette courte note pour vous faire partager quelques (re)découvertes d'oeuvres françaises souvent méconnues. Et la bonne nouvelle, c'est que les salles qui habritent ces chefs d'oeuvres sont assez peu fréquentées et très agréables.



Lançons nous avec une magnifique "Grande Piéta Ronde", datant du tout début du XVe et attribuée à Jean Malouel (?). Je ne connaissais abolument pas cette oeuvre dont la beauté m'a totalement emporté. Vous noterez les magnifiques expressions des personnages, exprimant chacun des sentiments différents. J'espère que comme moi, vous apprécierez la délicatesse de la représentation des figures qui approche (si, si) la perfection de Fra Angelico.
On retiendra par ailleurs qu'il s'agit d'une oeuvre commandé par Philippe Le Hardi, témoignage d'une Bourgogne toute puissante et moteur de l'art Européen au XVe siècle.



Pour continuer, je vous propose un chef d'oeuvre beaucoup plus connu que le précédent puisqu'il s'agit de la grande Piéta de Villeneuve les Avignon, réalisée par Enguerrand QUARTON. Certes, cette oeuvre n'a pas besoin d'Isaac, mais qui sait si Isaac, lui, n'a pas besoin d'elle ...
Quelle profondeur, quelle grace dans cette piéta : St Jean, Marie-Madeleine et Marie accompagnent le sacrifice de Jésus qui s'incarne dans leurs émotions et leurs gestes.



Faisons maintenant un grand saut dans le temps pour rejoindre le XVIIIe siècle et admirons là-encore une oeuvre que je ne connaissais pas (quel béotien je fais) : "La raie" de Chardin. Chardin que j'avais découvert au musée Thyssen de Madrid et pour qui j'avais eu un coup de coeur. Cette raie donc.
Et je dois bien reconnaitre que les mots me manquent comme bien souvent pour exprimer la beauté de ces natures mortes. Les contrastes entre le vivant et le mort.
Surtout, la puissante évocation du toucher. Le spectateur d'une peinture n'a que son oeil (ou bien le gardien risque de vous gronder). Avec Chardin, le toucher semble être totalement en éveil. On touche le chat, on ressent la matière, les poissons, la chair de cette raie. C'est une expérience tout à fait incroyable.
Pour terminer cette brêve parenthèse sur "La Raie", je passerai la parole à Proust qui, je dois le reconnaitre, a plus de verbe que moi : "Ce monstre étrange ... la beauté de son architecture délicate et vaste, teintée de sang rouge, de nerfs bleus et de muscles blancs, comme la nef d'une cathédrale polychrome".

Et enfin, nous concluerons cette note par une dernière trouvaille très réjouissante : "La jeune orpheline au cimetierre" de Delacroix. Romantisme, romantisme ... Est-ce un chef d'oeuvre ? Sans doute pas, mais Dieu qu'elle est belle !

samedi 3 janvier 2009

Du premier coup de gueule de 2009


Pourrait-on commencer 2009 autrement que par un coup de gueule ? Je ne crois pas, car 2009 s'annonce une année de rupture, une année apre et pleine de combats.

Je referme ici cette parenthèse.

Coup de gueule donc à propose du Louvre. Musée que j'apprécie de plus en plus. Et pendant les quelques jours de vacances posées à Noël, je me réjouissais de passer du temps parmi ses chefs d'oeuvre de la renaissance italienne. Ce fut impossible. IMPOSSIBLE.

Le hall du Louvre en cette période de l'année est pareil à un super marché d'une sinistre banlieue. Hyper bruyant et hyper fréquenté.

Des touristes colorés de casquettes vulgaires, doudounes de ski, écharpes multicolores. Des enfants qui braillent, pleurent, s'agitent en tout sens. Un vacarme cher lecteur. Un tableau qu'on trouverait assurément pas au Louvre. Une foule colorée, et "with all due respect" qui fleure bon la bêtise crasse.

Bien entendu, on va me dire que c'est formidable et que la culture réunit des gens de tous les horizons ? Je prends le mauvais rôle (avec délice) et vous répond non : ce sont les mêmes qui vont à Disney Land Paris et au Mac Do des Champs Elysees . . . Et je suis prêt à parier que ce gens n'aiment pas l'art ... Que tout comme moi, ils trouvent pénible l'attente pour rentrer dans le musée (moi, je suis retourné chez moi).

Attention, ces touristes colorés ne sont pas les seuls à ne pas avoir leur place au Louvre. Il y a d'autres tribus qu'on pourrait ici désigner. Je suis allé à deux reprises voir l'exposition Mantegna, et croyez moi, il y avait beaucoup de monde ... trop ? sans doute. Peu de couleurs dans l'audience, mais je suspecte tout de même certains visiteurs de vivre ces expos comme un chemin de croix, une passion qu'il faut vivre parce que ce sont des rendez-vous incontournables ... Hummm, laissez votre place ! A ce sujet, j'ai par exemple totalement renoncé à visiter l'exposition Picasso et les maïtres, effrayé à l'idée de devoir être bousculé pour apercevoir Ingres et son influence sur le génial Ibere. Un barnum . . . et ce n'est pas l'idée que je me fais de l'art.

Donc, je souhaite qu'en 2009, on fasse place lorsqu' Isaac a besoin de renaissance italienne.

lundi 1 décembre 2008

Born again in Italy


Où un dimanche après-midi au coeur de la renaissance italienne.

Isaac a donc testé pour vous l'exposition Mantegna au Louvre qui se termine début Janvier.

Et je ne peux que vous recommander de vous y précipiter, d'abord pour découvrir la peinture (et les magnifiques gravures) d'Andrea Mantegna mais aussi pour plonger au coeur de la renaissance italienne de la seconde moitié du 15eme siècle.

Une fois de plus, la preuve est faite que l'art doit autant à l'élan crétif et didactique des curateurs que des artistes eux-mêmes. REUSSI. Et le dialogue entre les deux beaux-frères Bellini et Mantegna
est parfaitement illustré (même un béotien comme votre serviteur s'y est retrouvé).


L'art de Mantegna mérite vraiment qu'on s'y attarde, avec une mention toute spéciale à son Saint Sébastien de Aigueperse et à sa sainte famille (oeuvre très tardive mais absoluement bouleversante).

Seule remarque, au dimanche, très (trop) fréquenté et donc assez inconfortable, je vous recommande les nocturnes en semaine.