dimanche 26 juillet 2009

De la baisse de la TVA dans la restauration


Fallait-il baisser la TVA dans la restauration ?

Cette idée avait été lancée par le président Chirac sous forme de promesse lors de sa campagne présidentielle 2002. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il n'avait pas tenu parole (qui aime bien châtie bien)

Et encore plus incroyable, c'est son successeur qui tient cette promesse pour un montant de 2,5 milliards ...
Première interrogation : Sarkozy est-il devenu fou en faisant de la politique à l'envers ? Tenir les promesses des autres .... Très curieux. Sans doute cela démontre-t-il surtout la puissance et la constance du lobby des restaurateurs.

Ceci étant dit, est-ce une bonne idée ?
Des promesses ont été faites pour revaloriser les salaires de certains employés du secteur et pour que l'addition soit allégée. Est-ce utile ? Est-ce juste ? A-t-on des moyens de contrôle ?
Pour le contrôle, cela semble assez difficile.
Pour la justice, difficile à dire. Si des salaires, traditionnellement bas, sont revalorisés, pourquoi pas. Quant à la justice liée à la baisse de l'addition : circulez, y'a rien à voir. Hors sujet.
Pour l'utilité de la mesure, le problème est sans doute plus complexe. On pourrait estimer que cette mesure serait utile si elle permet de créer de la richesse.
Si les 2,5 milliards partent en épargne dans la poche des consommateurs + des patrons + des employés : c'est manqué !
Si en revanche, les restaurants deviennet beaucoup plus attractifs, ils auront davantage de clients satisfaits qui consommeront tant qu'il faudra recruter de nouveaux employés = création de richesse = équation gagnante
(je simplifie énormément)

J'ai du mal à croire que ce cercle hyper vertueux nous permettent de recouvrer les 2,5 milliards qui auraient pu permettre à notre président de tenir des promesses que lui avait faites.
Je cite "Je veux si je suis élu président de la république plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir d'ici 2 ans".



PS : moralité, le président Chirac a eu raison de ne pas tenir parole ;)

vendredi 24 juillet 2009

De Carlos Ghosn et des stratégies "achat" en temps de crise

Le patron de Renault-Nissan donnait une interview il y a quelques jours au Figaro. Il se voulait rassurant quant à la situation de Renault mais en revanche était très inquiet quant à la solidité de ses soutraitants et fournisseurs. Carlos Ghosn indiquait notemment lors de cette interview que les services achats de Renault passait plus de 35% de leur temps à traiter des situations d'urgence de fournisseurs.

...

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On marche tout simplement sur la tête ami lecteur. En effet, ce bon Carlos semble être tellement désolé pour ses fournisseurs. Et il leur envoie ses acheteurs pour essayer de régler leurs problèmes. C'est envoyer un pyromane pour éteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé. Ghosn récolte les fruits d'une politique d'achats hyper courtermiste dont l'unique but était de réduire au plus vite les budgets au risque de fragiliser durablement les fournisseurs : Bingo !
Et de devoir aujourd'hui recoller les morceaux ...

lundi 20 juillet 2009

De la galerie Ropac

Il reste 5 jours pour profiter de la dernière exposition de la saison à la galerie Ropac, rue Debeylleme à Paris.

Et elle vaut le coup. Pour Gilbert et George qui investissent l'espace du rez de chaussée avec une étude et des variations sur l'Union Jack. On retrouve ici le meilleur, selon moi, de Gilbert et George. Couleur, Répétition de motifs, Humour. Entre Pop et Punk.


Gilbert & George

Et surtout pour les deux videos de Harun Farocki dont on avait dit le plus grand bien ici même lors de l'exposition du Jeu de paume qui présentait son travail en mirroir de celui de Rodney Graham.

Harun Farocki mêle ici habilement une réflexion sur l'image et sur le mouvement dans la ville avec en fond d'habiles clins d'oeil à ses revendications sociales. Il faut absolument consacrer une bonne demi-heure à ces vidéos. Je considère vraiement qu'Harun Farocki est l'un des artistes les plus intéressants que j'ai découvert ces derniers mois. Artiste au sens le pus large du terme, pennseur, intellectuel et de toute évidence porteur d'un humanisme contemporain qu'il exprime par ses vidéos.

Harun Farocki

samedi 18 juillet 2009

D'impressions florentines

Ah les vacances, douces plages de méditations au soleil de la Toscane, sur les pas de Fra Angelico, Giotto, Simone Martini, Gozzoli, Bronzino, Lippi père et fils, Boticelli, Léonard, Ghirlandaio, Michel-Ange, Andrea Del Sarto, Pontormo, Da Fabriano, Rosso, Bruneleschi, Donatello, Masacio, Della Robia .... Bref, tous nos meilleurs amis italiens !


GhirlandaioRosso
Simone Martini
Masacio
Gentile Da Fabriano
Fra (défroqué!) Filippo Lippi

Donatello
Giotto
Sandro Botticelli
Benozzo Gozzoli
Fra Angelico (Cellule de Cosme l'Ancien)

Leonard
Pontormo

mercredi 8 juillet 2009

De whatever works, le dernier Woody Allen


J'attendais avec une grande impatience le dernier opus du plus célèbre myope New Yorkais. A plusieurs titres.

En immense fan de Woody Allen. Et parce que j'avais été grandement déçus par ses dernières réalisations. Rien de très convaincant depuis l'excellent Match Point. Je me demandais d'ailleurs si le fait de ne plus tourner dans ces rues de New York qu'il connait si bien, qu'il a inventées (!), ne lui érodait pas une grande partie de son énergie, voire même de sa subtilité coutumière.

En effet, Scoop n'était guère plus qu'un bon divertissement.

Le rêve de cassandre passait quant à lui totalementà coté de son objet. Difficile d'accrocher aux personnages dessinés maladroitement par Woody Allen, difficile d'adhérer à la tentation tragique qui ne prend pas. Et surtout le film souffrait la comparaison avec le film de Sydney Lumet sorti quelques semaines auparavant, "7h58 ce matin là", qui globalement adressait les mêmes thèmes : la fratrie, le rapport aux parents, le sentiment de culpabilité.

Quant à Vicky Cristina Barcelona, et endépit de l'excellente critique qui a accompagné sa sortie, je considère qu'il est sans doute l'un des plus mauvais du réalisateur. J'ai même failli ne pas le ragarderjusqu'au bout : personnages caricaturaux, succession de situations entendues, faiblesse du scénario.


Bref, c'est vous dire que du coté de chez Isaac, le retour à Big Apple était attendu. Le film est meilleur que ses derniers : plus tonique, plus drôle, plus grinçant. Néanmoins, on déplorera encore une grande faiblesse de l'histoire. Woody ne nous raconte pas d'histoire. Il est bavard. De très amusants bavardages, parfois fulgurants, mais des bavardages tout de même.

Et ce qui ne gâche rien, Larry David, qui incarne le personnage principal est très convainquant.

A voir, donc, sans nourrir d'immenses attentes, mais avec la garantie de voir un divertissement plutôt très supérieur à la moyenne. Et comme dirait l'autre, "whatever works" !

lundi 6 juillet 2009

De l'art contemporain en province

Très (trop) souvent, il est ici question d'art et de manifestations artistiques parisiennes. Pour déroger à cette règle, voici quelques conseils à la destination des Provinciaux et des Parisiens en ballade dans nos belles provinces.
D'abord, si vous passez près de Aubusson, ne manquez sous aucun prétexte l'exposition donnée dans la mairie de la capitale française de la tapisserie.

Issue d'une collaboration entre le peintre français Gérard Garouste et les maîtres tapissiers d'Aubusson, "Le Murex et l'Araignée" trône dans l'escalier d'honneur de la mairie. Cette oeuvre est absolument magnifique, reprenant un thème cher à Garouste, l'araingée qui tisse sa toile, clin d'oeil au travil des tisseurs d'Aubusson qui ont pu ici faire la preuve de l'immensité de leur maîtrise technique.

La tapisserie "Le Murex et l'Araignée"

Vous pourrez par ailleurs visiter une exposition d'oeuvres de 3 jeunes peintres, Olivier Masmonteil, Pierre Monestier et Edgardo Navarro, qui sont de jeunes complices de Gérard Garouste et qui ont notamment donner de leur temps pour son association "La source" qui vient en aide par l'art aux enfants en difficultés.




Ensuite, je vous recommande de vous rendre à Meymac, dans le beau département de la Corrèze. Vous pourrez y voir une rétrospective des 30 années du centre d'art, dirigé avec talent et flair par caroline Bissière et son mari.
Parenthèse, Caroline est la fille de Louttre B., l'art est ici affaire de famille. Louttre B. dont je vous recommande cette monographie, éditée par l'excellente maison d'édition Ides et Calendes. Fin de la parenthèse.
Vous retrouverez avec plaisir un condensé de l'histoire contemporaine de l'art de ces trente dernières années. De Julian Opie à Gérad Garouste, de Soulages à Immendorf, de Sophie Calle à Annette Messager, de Cueco à milles autres (re)découvertes. A ne pas manquer.

Julian Opie

Pierre Soulages



Enfin, rendez-vous au musée de Grenoble qui présente une exposition de trois peintres.
Un vétéran américain pour commencer, star internationale défendue par la galeire Ropac en France, Alex Katz. Son exposition retrospective montre l'immense influence que l'homme a exercé sur les génération suivante et permet de rentrer dans son univers, à la croisée du Pop et de l'expressionisme abstrait du début des années 50.

Alex Katz

Et deux jeunes peintres, Gregory Forstner et Duncan (pononcez Dinquant) Wylie. Ces artistes ont moins de 40 ans, et font partie du groupe "Génération 70" qui créait l'évènement il y a deux lors d'une magnifique exposition à la fondation Salomon. Ce groupe d'artistes est soutenu par des critiques, des adviser et des curateurs aussi important que Anne Malherbe, ou Philippe Piguet et mécénés par la fondation Claudine et Jean-Marc Salomon. Il incarne une nouvelle génération d'artistes renouant avec la peinture, avec l'histoire classique de la peinture et s'inspirant des maîtres pour proposer une vision contemporaine souvent passionnante.

C'est le cas à Grenoble où les deux expositions sont absolument magnifiques. Quelqu'un a dit génial ?




Gregory Forstner

Duncan Wylie


mercredi 1 juillet 2009

De Burqa et de Niqab


La polémique fait rage. Le débat, et c'est tant mieux, précède une éventuelle initiative législative.

Pour résumer, à ma gauche : les tenants d'une ultra laïcité, plus les défenseurs des droits des femmes et ceux qui pensent que ces tenues sont une aliénation de la liberté individuelle et que c'est l'affaaire de l'état de défendre ceux qui en sont victimes. S'ajoutent aux groups précédément cités quelques ultras (je cite Elisabeth Badinter que l'on a connue plus inspiré) qui s'offusquent pour la raison suivante : ces tenus sont un déni de vie en société et coupe du monde celles qui les portent. Et cette tenue est une insulte à nous autres (heu ... les gens normaux ?) dcar nous n'avons pas accès à leur visage.


De l'autre, à ma droite : des juristes qui s'arcboutent sur une lecture stricto-tendue de la constitution et des textes de loi et qui nous disent : ce n'est pas l'affaire de l'état d'intervenir sur des pratiques religieuses dès lors qu'elles ne s'exercent pas dans la sphère publique (principe de laîcité) et qu'elles ne troublent pas l'ordre public. Les mêmes considèrent qu'il n'est pas de la responsabilité del'état de définir ce qui est une "bonne" pratique religieuse. (pas faux entre nous ... Ou alors, on n'a pas finit. Voyyons, une loi pour autoriser la mariage des prêtres catholiques car le sénat n'interprète pas les textes sacrés comme le vatican, etc.)

Ceux-là n'imaginent pas que la loi peut-être changée, que la constitution elle-même et on l'a vu très récemment, peut elle aussi évoluer.

Des intégristes religieux de tous bords, qui au fond ne s'inquiètent pas qu'on interdise la burqa. Je crois même qu'ils se réjouiraient : loi difficilement applicable, elle radicaliserait davantage une démarche qui est radicale.

Parenthèse : la loi est effectiviement difficilement applicable. Imaginons comment une verbalisation pourrait se passer. Un agent arrête une femme. Il lui met un PV ? Il l'oblige à le suivre au poste et l'oblige à quitter ses vêtements, et donc par la force ? ....

Fin de la parenthèse.

Des gens qui pensent qu'une interdiction comme celle-ci porterait à nouveau les feux des critiques sur une communauté en la réduisant à un exercice ultra minoritaire de sa religion. Et que cette communauté pourrait tout à fait s'en passer. Pas faux.


Enfin des gens qui considèrent qu'une interdiction comme celle-là n'est sans doute pas la meilleure manière de "libérer" ces personnes qui pour certaines sont victimes de leur environnement (par l'éducation, le climat général de leurs relations) et portent niqab et burqa de bonne grâce, d'autres sont convaincues que c'est là une marque de piété sincère et d'autres enfin qui sont des victimes plus "physiques " de leur environnement et qui n'ont pas le choix de ne pas porter le voile intégral.

Pour ce dernier groupe, seul le travail d'éducation compte. Il passe par des relais sociaux, par les imams, et par la création d'écoles privées musulmanes structurées. Isaac appartient à ce groupe.